Posts Tagged ‘français’

Réponse de la Banque postale

2012/09/23

Suite à ma lettre ouverte à la banque postale, j’ai obtenu la réponse suivante:

Réponse des CCP


Note: lettre originale avec détails bancaires supprimés et sur deux pages, condensée ici pour les besoins de l’article

Très administratif :-( Et évidemment, pas dans le sens souhaité, mais je ne m’attendais pas à des miracles. De là à m’expliquer comment éviter un découvert, il y a évidemment une nuance que je n’attendais pas !

Cela va me simplifier ma gestion avec un compte de moins à gérer dans gnucash ;-) Et maintenant, je vais considérer la migration de mon livret A également, ar je ne vois pas pourquoi je leur ferai profiter de placements alors qu’ils ne jouent pas le jeu.

Lettre ouverte à la banque postale

2012/09/08

Monsieur,

Courrier CCP

Suite à votre courrier ci-dessus concernant les nouvelles dates de prélèvement de ma carte bleue à débit différé, je tiens à vous exprimer mon plus vif mécontentement quant à votre façon unilatérale de changer le contrat autour de cette carte, notamment, sachant que je suis titulaire d’un contrat Adispo, client chez vous depuis 1988 et sans jamais le moindre incident.

Enfin que j’étais titulaire, car puisque vous décidez de changer les règles du jeu, je vais moi aussi changer ma relation avec vous. Je souhaite donc résilier dès que possible, et sans frais ma carte bleue à débit différé. En effet, mon autre organisme financier me propose une carte similaire avec un débit en début de mois, qui me laisse le temps de procéder aux virements nécessaires pour couvrir mon compte (Je suis domicilié chez eux, en raison de l’emprunt sur ma résidence principale).

De plus, je ne vois plus l’utilité du compte Adispo et vous demande de l’annuler également. Je souhaite moi aussi réduire au minimum mes frais, puisque l’heure semble à l’économie partout, et en particulier chez vous.
Je ne souhaite plus désormais avoir qu’un accès Internet VidéoPoste de base pour me permettre de faire des virements entre mes comptes et livrets, un CCP de base avec son chéquier et c’est tout. Je n’aurai plus besoin de la couverture d’aggios, n’ayant plus ma carte bancaire chez vous, et je n’utilisais pas les autres services. Cela devrait me permettre de ne payer que les frais de gestion de base (environ 5 EUR/an au lieu de 5 EUR/mois !)

Il est dommage que pour gagner quelques jours de trésorerie, vous vous mettiez vos propres clients à dos. Cet agissement unilatéral est contraire aux règles de base du commerce. Je me demande dans quelle mesure il n’est pas aussi contraire au droit. J’espère que d’autres clients suivront également mon exemple, ce qui ne manquera pas de se passer, au vu des divers articles soulignant ce choix pour le moins bizarre :

Cette lettre est également publiée sur mon blog, pour alimenter le débat.

Je me tiens à votre disposition pour tout détail complémentaire que vous jugeriez utile d’obtenir et je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments les plus déçus.

Chronique Musicale: Emil Nikolaus von Reznicek

2012/09/03

Voilà un compositeur dont je n’avais jamais entendu parler avant cette année. Une récompense dans Classica, avec un extrait proposé sur le CD joint avait fait dresser mon oreille mahlérienne ! Cela avait la couleur d’une symphonie de Mahler, son humour grinçant, sa richesse orchestrale, son sens du rythme (comme dans le second mouvement de sa première symphonie ou ses marches), l’usage des fanfares également. Bref, c’est comme si je découvrais une nouvelle symphonie entre la première et la cinquième.

J’ai donc acheté 2 CD des symphonies de ce compositeur, publiées chez CPO par le chef Frank Beerman pour mieux découvrir son univers et valider ou infirmer ce postulat. Et à l’écoute, les premières impressions se sont renforcées et confirmées. Si vous pénétrez avec délices dans le monde symphonique de Bruckner et Mahler, Emil Nikolaus von Reznicek vous plaira fort probablement dans les siennes.

Et une nouvelle fois, pourquoi de telles oeuvres ne sont jamais jouées en concert, ni plus souvent enregistrées, alors que l’on croule sous les redites d’intégrales Beethoveniennes ? J’espère que Frank Beerman poursuivra chez CPO l’enregistrement des autres pièces symphoniques de Reznicek (notamment les symphonies 3 et 4), car je suis sûr que cela sera plus utile et profitable aux mélomanes que bien d’autres projets.

Qu’il est agréable de pouvoir encore faire des découvertes en musique !! Cela m’a rappelé le choc de ma découverte de Gustav Mahler en 1982, en écoutant sa première symphonie par Vaclav Neumann et la philharmonie tchèque. C’était si beau, que j’en avais pleuré à la fin ! Je me la suis passée des dizaines de fois, tant je souhaitais en connaître mieux tous les passages, comprendre ce qui me bouleversait tant dans cette musique. Eh bien la découverte des symphonies de Emil Nikolaus von Reznicek me replonge avec délice dans le même état. Je les ai déjà écoutées chacune 2 fois, car il me semble que ce sont de véritables chefs d’oeuvres méconnus, que chacun doit explorer et murir, tant leur contenu est riche et dense, parsemé de traits d’humour ou de tristesse, de cuivres claironnants ou de violon solo si sensible.

Les notices le positionnent face à Richard Strauss, contemporain. Mais pour moi (et je suis sûr d’en faire crier plus d’un), cette musique symphonique créée par Emil Nikolaus von Reznicek est plus riche et passionnante que celle de Richard Strauss, dont je n’ai jamais été un grand fan, et même si je connais mal ses opéras, sa symphonie alpestre ne m’a jamais retourné comme celles entendues ici. Je ne dis pas que toutes les notes sont géniales et les mouvements inédits, mais ces euvres valent pour l’arche créée, l’ensemble plus que le détail, l’impression de puissance dégagée et surtout l’émotion communiquée à l’auditeur. La Tanz Symphonie est à cet égard extrèmement représentative de ce succès.

Chronique Musicale: Les Noëls d’Henri Carol

2012/08/13

Pourquoi acheter un disque d’un compositeur si peu connu ? et vous inciter à la fin de cette chronique à le faire également ? Il y a derrière une histoire ancienne. J’ai connu le nom d’Henri Carol par l’intermédiaire de Guy Miaille, mon professeur de musique de collège, et surtout mon initiateur à la musique savante au travers de l’ensemble vocal et instrumental des Escholiers de Ste Geneviève, et de toutes les leçons qu’il m’a données gracieusement tant en flûte à bec au collège et lycée, que dans la préparation au Bac durant laquelle il nous fit découvrir tant de compositeurs et d’oeuvres. Guy est un passioné de musique qui transmettait sa passion à ses élèves. Et donc tout naturelement, j’ai aimé la musique Médiévale et Renaissance, car il nous la faisait découvrir de façon si intense et vivante, que l’on ne pouvait que suivre.

Son propre maître en musique avait justement été l’abbé Henri Carol, à Montpellier. Et Guy avait été fortement marqué par cette initiation, et je pense qu’il devait lui même la retransmettre à son tour envers ses propres élèves, sans oublier de le mentionner comme un pédagogue et musicien. Mais je n’avais eu qu’un faible aperçu de ces oeuvres, uniquement dans des arrangements que Guy nous avaient fait chanter. Aussi après sa parution en 2000, j’avais déjà acheté un disque de pièces d’orgue d’Henri Carol par Gabriel Marghieri chez Solstice pour découvrir le compositeur vanté par Guy et j’avais effectivement trouvé un grand plaisir à l’écoute de ses compositions, qui me rappelaient celle de Guy Miaille lui-même, et toute la tradition française inspirée par la musique modale. Et aussi il représentait une voie (voix !) issue de la tradition organistique française qui prend sa source chez de Grigny jusqu’à Jehan Alain dont Guy m’avait fait découvrir les pièces dès 1980.

Aussi en voyant ce disque de Noëls entièrement dédié à Henri Carol, je me suis précipité pour l’acheter. Et j’ai eu ainsi le bonheur de voir que tout le texte de présentation était de Guy Miaille !! Avec une introduction de J.P. Combet, le monsieur derrière le label Alpha ! Double parrainage qui ne pouvait qu’annoncer un disque réussi. Olivier Vernet a (comme souvent du reste) parfaitement compris l’univers joyeux et lyrique d’Henri Carol, que la plume de Guy décrit à sa façon si communicative. Du reste, sa plaquette m’a replongé dans les années 1980, quand il présentait les oeuvres que les Escholiers jouaient en concert, ou quand il s’enthousiasmait en nous présentant la passacaille et fugue de Bach pour orgue, ou en registrant pour nos cromornes une danse de Susato.

Si longtemps après m’avoir formé le goût en musique, exploration que je continue toujours aujourd’hui en découvrant encore des oeuvres (prochaine chronique à venir !), nous nous sommes retrouvés par l’entremise de ce CD à nouveau !

Alors pour ceux qui comme moi pensent que la musique s’est fourvoyée en chemin avec Boulez, l’écolé sériele, dodécaphonique, spectrale et autre jeu sonore sans âme la plupart du temps, qu’ils suivent le chemin de luminosité, de brillance, d’humour, de joie simple et communicative que l’abbé Carol a su mettre dans ces Noëls pour orgue, et que Guy décrit de telle façon que je m’en léchais les babines, avant de commencer l’écoute, rien qu’à la lecture du livret (il est impératif de le lire pour une fois !!). Cette voie musicale, qu’empruntèrent aussi à leur manière les Alain, Françaix, Auric, Ibert, Sauguet, Duruflé (pour ne pas citer les plus connus comme Poulenc) et qu’illustrent aujourd’hui des Escaich par exemple pour rester autour de l’orgue, est encore trop méconnue, et pourrait contribuer à réconcilier l’homme du XXIè siècle avec la musique savante.

Beaucoup de souvenirs ranimés pour moi autour d’un simple CD. Ceux des premières découvertes musicales, celles qui marquent à vie ! Et le souvenir des grands moments de rire (et des fois de colère) et surtout de musique partagée au sein des Escholiers. Et cela me donnera l’occasion d’en acheter un autre et de poursuivre la découverte !

Un CD que beaucoup devraient acheter pour retrouver la joie simple de Noël illustrée de si belle manière, en ornant et variant des Noëls anciens (comme Guy Mialle lui-même en avait arrangés pour son groupe). Plus nombreux seront les acheteurs, plus nous aurons de chance, nous autres mélomanes, de voir ces musiques trop longtemps maintenues sous le boisseau, ressurgir pour réjouir nos oreilles de leurs rythmes et sonorités recherchées, mais sans déconstruction ni de l’un, ni de l’autre. Elles ont été trop longtemps occultées. Leur heure est venue. Merci Guy d’avoir oeuvré encore une fois à la transmission de notre patrimoine. Je vous en suis une fois de plus reconnaissant !

Photos, droits et liberté

2012/08/06

Nous avons durant nos vacances découvert la région des Landes, et fidèe à mes habitudes, j’essaie de profiter du patrimoine local, autant que de la plae et du soleil. Nous avons donc fait un tour à Mimizan pour y visiter le clocher porche et y découvrir le magnifique tympan qu’il protège.

En tant que photographe amateur, j’ai été très désappointé de voir qu’il était interdit de prendre des photos ! Je trouve cette tendance à interdire la photo (notamment sans flash) ridicule et en fait bien plus préjudiciable au site que si l’autorisation raisonnable était donnée.

Et le raisonnement en faveur de l’ouverture est très proche de celui qui prévaut en faveur de l’ouverture des logiciels et oeuvres de l’esprit:

  • quand je fais des photos de ces monuments et les utilise librement, je contribue à la diffusion de leur beauté, et donc favorise l’intérêt du public pour le lieu, et indirectement les revenus pouvant en être retirés. Tout cela sans nuire ni au lieu, ni aux autres revenus d’exploitation qui peuvent en être faits. Une belle carte postale reste intéressante en parallèle.
  • je peux ajouter ces photos à un site comme Wikipedia, et favoriser ainsi la connaissance autour du lieu. Cette encyclopédie en ligne a une aura qu’aucun site individuel ne peut prétendre attenidre. Ils auraient donc tout intérêt à en bénéficier.
  • en tant qu’amateur, cela ne me déranderait pas de signer une charte indiquant que mes photos n’auront pas d’usage commercial (license CC par exemple), et donc ne concurrenceront pas celles vendues par le site. On permet l’usage non-commercial, donc on favorise le bouche à oreille, sans nuire aux revenus. Du reste, je n’ai volontairement pas acheté de photos, car je souhaite pouvoir les utiliser sans problème dnas le diaporamas de mes spectacles ou des afficches de nos concerts, et donc ne peux subir les contraintes d’usage qui y seraient associées. Je serai même prêt à concevoir un droit d’entrée majoré légèrement, pour permettre la photo amateur. Ou à payer une redevance annuelle auprès du ministère de la culture, me permettant de photographier dans tous les lieux du patrimoine national. Le ministère pourrait être du reste le promoteur de la charte/license d’utilisation des photos prises.
  • le site officiel propose bien quelques photos, mais ce n’est jamais la vue que j’aurai souhaité avoir (et c’est toujours comme cela), et la résolution ne permet pas de les utiliser en format affiche par exemple. Sans compter qu’aucune license d’utilisation n’est fournie, ce qui en rend l’usage impossible légalement :-(
  • a un moment où les appareils photos deviennent minuscules tout en restant d’assez bonne qualité, il est facile de faire malgré tout des photos, et certains sites en proposent, ce qui, du reste, donne plutôt envie de visiter le lieu pour être confronté aux oeuvres d’art en vrai que de crier au scandale !!

Il est à mon avis temps que le patrimoine français ouvre son droit à l’image au public amateur, propose une charte d’utilisation des images qui en favorise la diffusion et ainsi augmente le rayonnement de ces oeuvres, favorise l’intérêt du plus grand nombre pour le beau, suscite des rapprochements, des analyses, des diaporamas, des comparaisons, des présentations, articles de blog, des affiches qui mettent en valeur la richesse énorme du patrimoine français qui ne cesse de m’impressionner, et en assure par la même la diffusion. A l’heure de la numérisation massive, utilisons les milliers de visiteurs de notre patrimoine comme ambassadeurs de notre richesse, et non comme des voleurs d’images. Tout le monde y gagnera.

Position des candidats à la présidence sur le Logiciel Libre

2012/04/14

Après candidats.fr (et les réponses de J.L. Mélanchon et N. Dupont-Aignan), c’est le CNLL qui publie un document sur la position respective de N. Sarkozy et F. Hollande quant aux logiciels libres que vous trouverez sur http://www.cnll.fr/sites/default/files/cp-positions-floss-ump-ps-3d.pdf. Cela comble en partie un manque qui m’inquiétait précédemment.

Dommage que des candidats qui représentent plus de 10% des électeurs selon les sondages, n’aient pas le temps (je n’ose penser que ce serait le désintérêt) de se positionner sur ce sujet important à l’heure des économies budgétaires, du produire français/européen, de notre implication dans la mondialisation (un fait pour le logiciel libre), des considérations sur la liberté en général et les libertés numériques en particulier.

Néanmoins il est intéressant de voir que ceux crédités du plus de chance de l’emporter ont répondu, avec parfois de nombreux détails qui méritent la lecture du document, et que hormis sur le sujet du brevet logiciel (ou pour moi la position de F. Hollande, qui plus est, clairement argumentée, est celle que devrait tenir la France tant au niveau européen, au parlement, au conseil et à l’OEB, qu’au niveau mondial à l’OMPI) il est réconfortant de voir que notre domain de prédilection est (enfin) soutenu par les politiques.

Maintenant il y a loin de la déclaration d’intentions aux actes, et malheureusement, sous le présent quinquenat, les LOPSI, DAVDSI et autres lois similaires n’ont pas clairement démontré qu’il y avait une bonne compréhension des valeurs que nous défendons et que nous avion encore besoin de l’APRIL, de l’AFUL, de la Quadrature du Net pour défendre nos positions et les faire entendre, et éviter que des lois défavorables aux logiciels libres et aux formats ouverts ne passent.

Donc, adhérez à ces associations pour les soutenir, les aider par des moyens financiers à défendre les positions auxquelles vous croyez, et votez, surtout votez pour pouvoir après demander des comptes si cela n’évolue pas favorablement. Celui qui ne vote pas n’a pas voix au chapitre.

Pour moi toute personne intéressée par les logiciels libres, doit s’intéresser au fondement que représentent les licences qui les régissent, et par voix de conséquence aux aspect de gouvernance que cela recouvre, et encore par conséquence aux aspects politiques au sens étymologique (vie de la cité) du mot. Donc aux votes qui se préparent. La législative étant de ce point de vue extrêmement importante, car ce sont nos députés que nous pouvons contacter pour leur demander d’infléchir telle ou telle loi.

Réservez lors des 22 Avril, 6 Mai, 10 et 17 juin prochains les 15 minutes qui suffisent à vous exprimer. Et le vote par correspondance n’a jamais été aussi simple (ma femme a accouchée prématurément en cherchant à avoir une procuration il y a 15 ans, mais maintenant c’est bien plus facile). Bon vote :-)

Logiciel Libre et présidentielle

2012/04/04


Candidats.fr

S’il est un domaine étrangement absent du débat public et des discours des présidentiables, c’est bien le domaine de l’informatique :-( Et pourtant, c’est un domaine touchant de nombreux français, tant dans leur travail quotidien, de par l’utilisation toujours plus prégnante des technologies du numérique, que dans leurs activités privées (gestion de photos, de musiques, de films, d’associations, navigation Internet, courrier électronique, bureautique, gestion de comptes, …).

Et s’il est un domaine où des économies drastiques peuvent être effectuées, c’est bien celui du logiciel dans le secteur informatique. Bien sûr en tant qu’utilisateur de technologies libres, et de distributions Linux depuis 1993, je suis particulièrement conscient de ces aspects, et du reste, c’est un des facteurs, avec la maîtrise technologique, qui poussent les clients avec lesquels j’interagis pour HP à adopter de plus en plus massivement ces technologies (et de façon plus importante que ce que les chiffres ne montrent, en raison du mode de diffusion du logiciel libre).

De plus en plus de résultat montre également que le secteur public bénéficie fortement de son adoption: Notre gendarmerie nationale, comme la ville de Munich sont deux exemples chiffrés et parfaitement analysés.

Et cela n’est pas difficile, ni pour un politique, ni pour un citoyen de comprendre la raisonnement: la réduction des coûts importants sur les licences (réduits à 0), la mise en concurrence sur les aspects support et prestation intellectuelle (amenant un prix de marché raisonnable et une qualité obligatoire), la meilleure maîtrise de l’environnement informatique par les équipes en charge (ou en infogérance si préféré), la meilleure sécurité apportée par la transparence du code, l’interopératbilité par le respect des standards et normes, tout contribue naturellement à ce que tous les partis et citoyens analysant honnêtement la situation tirent la même conclusion: il faut adopter massivement ces technologies, pour améliorer tant notre indépendance nationale, produire localement en bénéficiant de la production des autres, créer des emplois à forte valeur ajoutée, réduire les bugdets de l’état comme celui des entreprises (même en comptant les investissement dûs à la formation complémentaire), remettre le facteur humain au coeur des choix et replacer les technologistes qui ont permis ces avancées à leur juste niveau dans les chaînes de décision.

Pourtant, personne n’en parle. Ou si peu. ni de l’importance des données et formats ouverts !

Avec le si faible nombre de réponses obtenues au texte de candidats.fr (et aucun des 6 candidats que les sondages annoncent comme majeurs), comment se déterminer ? J’engage donc les candidats à la présidentielle, mais aussi ceux pour les législatives qui suivront à faire non seulement part de leurs intentions dans l’adoption de standards ouverts et des logiciels libres, mais aussi à les promouvoir dans les discours, comme l’un des moyens de réduire la dette de notre pays, d’améliorer l’emploi ainsi que notre indépendance technologique.

En 2012, votez FLOSS !

Droit d’auteur, l’avis d’un auteur parmi d’autres

2012/03/26

Suite à la lecture de l’article de François Élie, Bernard Lang et Franck Macrez sur la gestion des droits d’auteur sur les oeuvres orphelines, j’ai décidé de signer la pétition contre la loi qui renforce une fois de plus le droit des éditeurs (et on des auteurs) au détriment du public, et même des auteurs.

En tant qu’auteur de logiciel libre, musicien amateur, auteur d’articles de blog ou quoi que ce soit d’autre issu de mon esprit et représentant ainsi ma propriété intellectuelle, je trouve navrant le tour que prennent les événements. Après tout, pourquoi les créations d’un auteur devraient-elles être protégées au delà de sa mort ? On peut comprendre que l’on souhaite léguer des biens matériels aux siens, pour les protéger en partie des aléas de la vie, mais il faut aussi les laisser l’affronter et créer leur propre sillon.

En cela, s’ils peuvent en partie souhaiter défendre le droit d’auteur de leurs ascendants, pour qu’il n’y soit pas fait outrage, je ne vois pas pour quelle raison ils devraient bénéficier des droits financiers s’y rattachant de façon aussi excessive. Les bénéfices de la réputation de l’auteur initial sont bien suffisants non ? Et s’ils veulent en tirer profit, ils ont eux-même à faire preuve de leur talent pour reprendre le flambeau et mener leur barque.

Qu’en tant qu’auteur, on me protège du plagiat honteux, oui. Mais pas du pastiche ou de l’hommage non ! (La 8è symphonie de Chostakovitch pour le premier ou Les variations de Rachmaninov sur un thème de Corelli pour le second sont un des multiples exemples que la musique nous donne en ces domaines). Et à sa mort, que ses oeuvres puissent éternellement (tant que l’on sera en mesure de les conserver du moins) bénéficier au plus grand nombre me semble logique. C’est le principe même d’artiste qui invite au partage de l’émotion artistique par le plus grand nombre.

De quoi vit un musicien classique de nos jours. Pas Jordi Savall, ou Maurizio Pollini. Le musicien de rang, celui qui joue dans un quatuor, un orchestre baroque. De ses activités de musique vivante: concerts, animations, enseignement. Le disque en général ne leur rapporte guère (si ce n’est au forfait), et seul une poignée pourrait imaginer en vivre. Du reste, le disque a été originellement conçu pour conserver une trace d’interprètes majeurs pour qui cela valait la peine de d’investir (genre Caruso ! pas la soupe actuellement mise en boite). Ceci est aussi une des raisons de la désaffection pour ce medium, les éditeurs ne jouant plus leur rôle de sélection, mais enregistrant non pour conserver mais pour faire de l’argent (il y a aussi des exceptions en classique, comme le label de Jordi Savall, Alia Vox, qui fait oeuvre de mémoire, ou nombre de petits labels courageux comme les Hyperion, Harmonia Mundi, Alpha, Zig Zag, … qui le font aussi).

Le fait que je ne souhaite pas interpréter de la musique contemporaine tient certes de mon goût pour la musique ancienne, mais aussi par la complexité légale mise en place pour protéger les éditeurs (et prétendument les auteurs) et qui aboutit à l’impossibilité pour les interprètes de jouer les oeuvres de leur temps (et pas qu’en raison de leur complexité, car il reste du répertoire accessible).

Il est temps que les auteurs, les interprètes fassent preuve, de par leur vote pour des gens qui ne soient pas tous avocats de formation (et ne veulent tout résoudre que par une nouvelle loi), de leur souci de léguer d’eux la même image de générosité dont ils témoignent dans leur jeu musical. Qu’ils se prononcent en majorité pour la mise dans le domaine public de leurs oeuvres après leur mort. Que l’on change ces lois iniques pour favoriser l’échange culturel, comme les auteurs de logiciels libres ont su le faire dans leur domaine, quitte à adopter de nouvelles licences de diffusion. Leur talent est aujourd’hui leur gagne pain.

Quant on voit comment les “ayant-droits” de Charles Trénet se battent pour son héritage, ils sont bien loin de la joie de vivre transmise par le fou chantant, mais très proches de sa chanson l’héritage infernal. Ah l’héritage des droits d’auteur, vaste fumisterie en fait !! Idem avec le changement des dates de péremption des droits d’auteur pour continuer à couvrir le Boléro de Ravel, vache à lait de la Sacem (souhaitons bon courage à l’anti-sacem au passage).

Souhaitons que dans tous les sujets abordés lors de ces campagnes présidentielle et législative, les points précedemment évoqués fassent l’objet d’un large débat et que d’autre vision de notre société puissent émerger pour le partage de la culture, comme pour celui de la connaissance.

In memoriam Gustav Leonhardt

2012/01/20

Je déteste transformer ce blog en rubrique nécrologique. Mais après Montserrat Figueras et Alain Recordier, j’ai appris par un article du Monde de Renaud Machart la disparition du maître Gustav Leonhardt.

Alors même si cela ne fera encore pas les gros titres du 20h, il faut affirmer qu’il a été celui par qui la révolution de la musique ancienne est arrivée, au même titre que Nikolaus Harnoncourt, David Munrow, ou Thomas Binkley et Jordi Savall, chacun dans leur domaine de prédilection respectif. Pour Gustav Leonhardt, ce fut le clavecin qui fut enfin considéré comme un instrument majeur grâce à lui et non pas comme un ersatz de pianoforte mal dégrossi. Et cela parce qu’il a su faire chanter la musique sur cet instrument comme personne avant lui. Et heureusement, comme beaucoup après qui lui ont emboité le pas.

Je me souviens encore des concerts que j’allais voir de lui sur Paris, ou je me retrouvais dans la même rame de métro qu’un Pierre Hantaï qui venait le voir aussi ! Gustav Leonhardt mérite le titre de maître que je lui donne plus haut, car justement, il a joué un rôle de passeur, tant dans l’enseignement, que dans la redécouverte de pans oubliés de répertoire (j’écoute en ce moment même son second disque consacré à Johann Jakob Froberger qu’il m’a fait découvrir comme à des milliers de mélomanes dès son premier enregistrement 1962 (!) pour Harmonia Mundi) ainsi que par la publication d’un ouvrage consacré à l’art de la fugue de Johann Sebastian Bach.

Puisque l’on parle de Bach, c’est évidemment ce compositeur qu’il aura le plus illlustré au disque. J’ai encore un frémissement rétrospectif lors de ma découverte de la fantaisie chromatique et fugue sous les doigts du maître hollandais ! Quel adéquation pour moi entre la hauteur de vue du compositeur et de cet interprète. Ma femme se souvient encore des 500 kms aller-retour faits pendant les vacances une année pour aller l’entendre jouer à l’abbaye de St Guilhem le désert où il avait interprèté de façon magistrale diverses pièces de Bach, dont une de ses propres transcriptions de sonates pour violon seul au clavecin.

Ce qui m’a toujours frappé dans ses interprétations, c’est l’extrême lisibilité des voix, dans la musique si riche de Bach, qui rendait l’oeuvre à l’écoute évidente, tout en lui laissant sa richesse et sa complexité visible. Et les mots qui me viennent naturellement en tête quand je pense à ses enregistrements, c’est non pas austérité, dont on l’a souvent affublé, à tort, mais au contraire fulgurence (2è prélude du clavier bien tempéré de Bach), noblesse (son disque Louis Couperin chez Harmonia Mundi), architecture (son concerto italien de Bach), gravité (ce premier disque de Froberger chez Harmonia Mundi), virtuosité (son Scarlatti chez DHM ou son Duphly pour Séon), probité (Suites anglaises de Bach chez Séon).

Je crois que je n’ai jamais autant écouté des disques que ceux de ces partitas de Bach (HM) d’abord en 33T, puis en CD. C’est l’un des sommets de la musique enregistrée (meilleur pour moi que sa seconde version pour Virgin où de nombreuses reprises manquent). Et je ne peux plus écouter toute cette musique autrement qu’au clavecin depuis ma fréquentation assidue des enregistrements qu’il a réalisés (comme ceux du regretté Scott Ross, inoubliable lui aussi dans Domenico Scarlatti, Jean-Philippe Rameau, François Couperin et pour moi tellement complémentaire de la discographie de Gustav Leonhardt). J’ai failli travailler le clavier vers 17 ans, après tant d’heures passé à écouter la musique qu’il avait enregistrée, mais mon emploi du temps ne m’a pas permis de le faire vraiment et je reste hélas seulement un auditeur. Mais je suis toujours capable, comme à Saintes, de passer une demi-heure rien qu’à écouter un claveciniste s’accorder (Trevor Pinnock a vraiment dû se demander ce qui se passait ce jour là :-) )

N’oublions pas non plus ses apports en tant qu’animateur d’ensemble. Quelle messe en si de Bach d’une majesté, d’une ferveur que peu d’autres que lui peuvent se permettre. Et que dire de son Requiem de Biber !! J’ai encore le frisson de la fois où je l’ai entendu en concert, et où il avait demandé à ne pas applaudir à la fin du concert. Le silence qui s’en est suivi, la concentration qui avait été accumulée par le public était simplement d’une densité palpable.

Ce maître artiste a dédié sa vie à la musique, jusqu’à en faire le sacrifice en se produisant jusqu’à la fin. Il m’a fait aimer le clavecin plus que mon propre instrument (la flûte à bec qu’un Franz Brüggen a si bien illustré avec son accompagnement). Il a contribué à graver une intégrale des cantates de Bach qui a fait date et reste, par sa diffusion sur France Musique par Jacques Merlet, une de mes nombreuses initiations à la musique, de celles qui vous marquent pour la vie. Et il laisse un corpus d’enregistrements pour le clavecin et l’orgue qui est toujours la base d’un discothèque idéale.

Alors, à l’heure où votre descente et arrêt brutal sur le clavier qui illustre la chute de Mr Blancrocher résonne à mes oreilles en fin de disque, un grand merci pour tout ce que vous avez apporté, Monsieur Leonhardt, à la musique et puisse le son de vos enregistrements longtemps susciter des vocations de mélomanes, d’amateurs et de professionnels. Ils ne pourraient mieux choisir leur modèle.

In memoriam Alain Recordier

2012/01/13

Décidément, mes rares articles en français sur la musique servent à communiquer autour de tristes nouvelles. J’ai appris par l’association Exultate la disparition d’Alain Recordier, tromboniste et sacqueboutier.

Alain Recordier à la sacqueboute en 2010

Ce fin connaisseur de la musique ancienne avait crée en 1986 l’ensemble Musicque de Joye (du nom d’un recueil publié vers 1550 à Lyon par Jacques Moderne). Il avait aussi été membre de l’ensemble de cuivres Da Camera, du quintette Arban, de l’ensemble Guillaume de Machaut et était trombone solo de l’orchestre d’Orléans.

Il avait participé à de récentes académies de musique sacrée de la Renaissance d’Etampes, dirigées par Jean Belliard

Alain Recordier lors de l'académie de la Renaissance 2007

Comme l’a si fort bien dit le mail que j’ai reçu: “Que de beaux concerts avons nous donnés ensemble ! Sa discrétion et sa grande gentillesse faisaient l’unanimité.”

Alain n’avait pas besoin d’épater la galerie. Il vivait sa musique intensément, donnant un air chaloupé aux canzons de Gabrieli avec énergie et velouté. Sa connaissance transparaissait dans les remarques qu’il sonnait à ses partenaires lors des répétitions avec son accent méditerranéen. Un court exemple pour mettre tout le monde d’accord, et on repartait dans la musique.

J’espère qu’aujourd’hui il joue avec tous ses pairs dans l’orchestre céleste ! Il me restera la mémoire auditive de quelques enregistrements que nous avons faits lors des académies, où je retrouverai la qualité de son son. Et le souvenir d’un musicien humble au service de son art.

(Images personnelles hébergées sur flickr.com)


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