Pletnev 1 – Luganski 0 et autres concerts

Le concert donne par M. Pletnev et N. Luganski à la MC2 m’a laisse une impression mitigée. J’ai en effet été déçu par le pianiste, que je n’ai pas senti en osmose avec le chef, pourtant grand pianiste lui-même. Rachmaninov demande pour moi plus d’implication personnelle. Alors bien sûr il m’est facile de critiquer, moi qui suis incapable de jouer 4 notes d’affilée sur un piano (mais pas sur une flûte😉 néanmoins, j’ai déjà entendu beaucoup plus engagé et surtout cohérent avec le chef. Ici nous avons même eu droit à des décalages.

En revanche, M. Pletnev a délivré une 15ème de Chostakovitch grinçante à souhait, suscitant tantôt une joie ironique, tantôt une angoisse profonde. L’orchestre était très concentré et le résultat fort probant dans la magnifique acoustique de la MC2. C’était la première fois que j’entendais cette oeuvre en concert, et j’ai trouvé là un vrai chef d’oeuvre du 20ème siècle, bien loin des errances de nombreux compositeurs enfermés dans leur monde. Chostakovitch avai un message a donner, une vision artistique à partager et grâce à des musiciens comme M. Pletnev, nous pouvons toujours aujourd’hui en être les destinataires.

Plein d’autre concerts en cette fin d’année, comme le cycle des symphonies de Beethoven par E. Krivine et sa chambre philharmonique, tout en énergie, d’une grande virtuosité, mais aussi tout en équilibre avec une 50 de musiciens, où jamais les cordes n’écrasent les bois, où l’on entend même un savoureux contre-basson dans la 5ème. Certains tempi me semblent un peu trop rapides parfois, même si je dois reconnaître que j’aime plutôt cela par rapport à un endormissement général😉 J’attends avec impatience la suite en 2010.

Superbe concert de musique de chambre avec le quatuor Prazak (toujours la MC2) avec le chef d’oeuvre absolu pour moi que représente le quintette avec piano Op; 44. Très bel entente entre les 5 artistes, magnifique progression, course à l’abîme parfois, romantique à souhait, timbres prenants, vraiment une grande réussite.

A la différence de Luganski, N. Angelich est un pianiste qui regarde son chef (E. Krivine) et aime dialoguer avec lui. Le second concerto pour piano de Brahms donné lors de ce concert a été une franche réussite, avec de beaux moments de pure poésie, d’autres traversés d’une grande énergie partagée. Voilà comment un concerto doit sonner. J’ai même redécouvert la “petite russienne” donnée ensuite par l’orchestre du Luxembourg, que j’avais un peu oublié, et adoré son troisième mouvement ! A côté des 3 dernières, elle mérite d’être remise à l’honneur comme une page importante de Tchaikovsky.

Bon programme également de L. Foster en terrain familier avec la musique américaine. La suite de West side story a remporté un franc succès, et c’est justice, mais j’ai découvert là aussi la Sérénade pour violon et orchestre de Bernstein avec plaisir. Il faut reconnaître que mixer ainsi des oeuvres très grand public avec d’autres méritant l’aventure est une excellente idée et permet au public d’approfondir sa connaissance d’un auteur. Et le protéiforme Bernstein est l’un de ceux qui méritent une telle exploration.

Je passe sur le concert de l’ONL à la Rampe, où je ne devais pas être en forme, mais n’ai apprécié ni la direction de T. Dausgaard, ni le piano de L. Vogt sans relief à mon goût. Certes des doigts mais pour quoi faire ? Dvorak mérite aussi mieux à mon avis. Il faut dire qu’après l’auditorium de la MC2, l’acoustique de la Rampe fait pale figure…

Hors classique en revanche, la Rampe dispose de plus d’attrait, et propose un programme varié et très intéressant. J’ai ainsi beaucoup apprécié le concert de l’ensemble Néapolis. Certes, je préfère encore plus ce que fait l’Arpegiatta de C. Pluhar de ce répertoire, mais ici on balaie plus de siècles, on parle aussi politique, les textes sont forts et incarnés par une chanteuse qui les vit et sait communiquer son amour de sa ville, Naples. Nombreuses réminiscences de disque d’A. Florio aussi passent. Dynamisant et dépaysant.

Enfin, comment ne pas finir par ce splendide spectacle donnés par les argentins de Che Malambo. Moi qui adore le rythme, j’étais servi ! Et les danseurs sont époustouflant de virtuosité comme de précision. Là encore j’aime chercher l’influence du passé, et ai trouvé certaines similitudes avec la Gaillarde française, ou les danses espagnoles dans les attitudes fières et hautement techniques de la troupe. Si ils passent près de chez vous allez-y je vous garanti une excellente soirée.

Après ces 2 bons mois de Novembre et Décembre, on ne peut qu’espérer une suite similaire dès le début 2010 !

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