Un septennat d’attente

Lors de la première à Ambronay en 2010, je ne savais pas qui était Falvetti. Je n’étais pas le seul. J’aurai sans doute dû faire confiance à Leonardo Garcia Alarcon déjà présent dans de nombreux disque de l’Ensemble Elyma de Gabriel Garrido. Et puis j’ai écouté le disque paru en 2011 de ce “Il Diluvo Universale” et ce fut un coup de massue : Comment avait-on pu ignorer une telle oeuvre depuis 1682 !!

Elle a pour elle l’énergie, des lignes mélodiques si facile à mémoriser qu’elles s’imprègnent immédiatement dans l’esprit, des effets prenants, une histoire singulière (celle de Noé). Bref tout pour plaire. Surtout, quand un tel chef se l’approprie, en donne une vision engagée, avec des chanteurs complètement en phase avec son approche. C’était décidé, il fallait aller vérifier en concert que cela était bien réel, et ressentir cette musique en direct, éprouver les émotions dans la salle.

Seulement voilà, bien qu’elle fût souvent redonnée à Ambronay, cela ne collait jamais avec nos contraintes, d’autres concerts ou ceux que nous faisions, et je désespérais de pouvoir le voir le temps passant.

Aussi quand j’ai vu en Mai 2016 que l’oeuvre était de nouveau programmée à Lyon pour Mai 2017, j’ai sauté sur l’occasion, réservé les places et bloqué la date. Et bien cette semaine, après 7 ans d’attente, j’ai enfin pu entendre cette pièce à l’Auditorium Maurice Ravel. Certes, ce n’est pas la meilleure acoustique du monde, mais finalement, étant très bien placé en orchestre, on pouvait capter tous les détails (quels archiluths !) et profiter des inflexions des voix de façon très précise. Une mise en espace était faire pour rendre l’histoire plus présente, simple et de bon goût.

La prise de rôle de Roberta Mammeli en Rad a été somptueuse. Le trio avec Magali Arnault Stanczak et Emmanuelle de Negri fait mouche et chavirer la salle. Il faudra le bisser. Du reste le chef nous a gratifié de 4 bis, ce qui n’était que justice (pour nous !) au vu du succès obtenu, que l’on peut vraiment qualifier de triomphe. Les vois de femmes dominent complètement pour moi la distribution. Le Noé de Fernando Guimaraes est noble, mais manque un peu de conviction, ou de puissance pour s’affirmer d’avantage. La Mort de Fabian Schofrin est bien grimée, mais son chant n’est ni agréable (ce que l’on peut comprendre pour un tel personnage) ni prenant. On regrette un Dominique Visse qui serait parfait dans ce genre d’emploi.

Mais vétille ! Les percussions de Keyvan Chemirani apportent un plus indéniable à la musique, sans la trahir, et rendent les danses virevoltante. Bravo au chef pour cette résurrection et surtout de continuer à faire tourner cette production pour que de nombreux autres spectateurs puissent la voir.

Si seulement les organisateurs de la MC2 pouvaient s’inspirer de leurs voisins et convier ce spectacle dans l’auditorium, ce serait une vrai perfection sonore combinée ! A bon entendeur …

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