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Lettre ouverte au médiateur de la Poste

2016/04/24

Je pensais naïvement qu’il y avait des personnes responsables à un certain niveau à la Poste. J’ai vraiment de gros doutes maintenant.

Le rappel des faits, pour ceux que cela intéresse est décrit dans cet article.

En résumé, depuis il a fallu 9 mois à la poste pour créer un compte CCP à ma fille, 3 pour le clôturer d’office, et depuis pas de réponse à nos sollicitations pour récupérer l’argent qui était dessus !! En fait c’est juste un vol. Pas d’une grosse somme mais rien que pour le principe, je ne souhaite pas laisser cela passer.

J’ai donc envoyé ma réclamation en fin d’année dernière à l’adresse suivante : La Banque Postale – Service SRP – 11 rue Bourseul – 75900 Paris CEDEX 15., suivant la recommandation du site Web du médiateur de la Poste. Ah, évidemment, je ne suis pas la Poste moi, donc il y a des frais d’envoi pour un dossier de 7 pages !! Et depuis j’ai attendu une réponse.

Vous devinez qu’il n’y en a pas eu sinon je n’écrirai pas ici n’est ce pas !

Donc on monte d’un cran dans l’escalade, je contacte en Avril 2016 le médiateur de la Poste lui-même, puisque c’est la procédure. Et cette fois, il y a la possibilité de le faire en ligne ! Waoah ! Enfin, ce n’est pas aussi bien que les impots, ne vous enthousiasmez pas trop vite non plus. Déjà pour arriver à faire une requête, il faut répondre à des questions, dont à qui a-t-on a envoyé sa requête, mais il n’est pas possible de dire qu’on l’a fait auprès du service mentionné ci-dessus. Si on dit le Bureau de poste, ou le centre financier, en général cela se finit par un message disant que vous ne pouvez pas contacter le médiateur car vous n’avez pas suivi le processus ! Bon le truc, je vous le donne, c’est de dire que la Poste a répondu à la réclamation, même si c’est faux, sinon, on ne peut pas aller plus loin. Donc le médiateur ne peux jamais être au courant que les conseillers ou les centres de réclamation ne fonctionnent pas correctement. Pratique non ?

Bon, j’arrive à faire ma demande, je joins les échanges et les liens vers mes articles de blog précédents, pensant que cela suffirait à intéresser le médiateur sur le dysfonctionnement patent de la Banque Postale. Mais non ! J’ai reçu un courrier (j’avais demandé à être recontacté par mail, mais visiblement, le médiateur aussi est resté coincé au XXè siècle). Il me dit simplement que ma demande n’est pas recevable, car je n’ai pas contacté le fameux service ci-dessus auquel j’avais envoyé mon courrier !!

Cela commence sérieusement à m’énerver maintenant. Je comprends mieux le problème que j’ai rencontré, car finalement, dans ce groupe, trop de monde se fiche éperdument de satisfaire le client, y compris là où l’on devrait examiner sérieusement les réclamations. Je suis déjà passé par des services de médiation et n’ai jamais été traité de la sorte. Et avec tout cela, pas une adresse mail pour envoyer des attachements pour étayer son dossier, le vide numérique😦

Je ne comprends pas qu’ils aient autant de clients, mais je comprends qu’il fasse de la marge en ne restituant pas ce qui nous est dû !

Il me reste encore un échelon, c’est le médiateur bancaire qui lui m’a déjà apporté des solutions par le passé.

Espérons … car je tiens à récupérer pour ma fille les quelques euros qui étaient sur ce compte.

Spectacle François Ier à l’église de St Ismier ce Samedi 9 Janvier à 20h30

2016/01/09

Si le coeur vous en dit, si vous avez un peu de temps aussi en ce début d’année, venez écouter l’ensemble Variations lors du concert organisé en l’église de St Ismier.

Et n’hésitez pas à faire passer le message !

Dans ce spectacle autour des arts au temps de François Ier, vous pourrez entendre des pièces sacrées et profanes illustrant la vie du roi, écouter des textes de la Renaissance en rapport et admirer diverses oeuvres d’art du temps du monarque:

Eglise St Philibert de St Ismier – Samedi 9 Janvier 2016 à 20h30
Entrée libre

Nous sommes dix chanteurs et acteurs dans ce magnifique programme d’une heure 15 avec projection de photos et des textes chantés, accessible à tout âge. Quelle meilleure manière de commencer 2016 !

En espérant vous y rencontrer !

Spectacle François Ier à l’espace Bertet Musique ce Dimanche 18 Octobre

2015/10/11

Si le coeur vous en dit, si vous avez un peu de temps aussi, venez écouter l’ensemble Variations lors du concert organisé chez Bertet Musique à Gière.
Et n’hésitez pas à faire passer le message !

Dans ce spectacle autour des arts au temps de François Ier, vous pourrez d’entendre des pièces sacrées et profanes illustrant la vie du roi, écouter des textes de la Renaissance en rapport et admirer diverses oeuvres d’art du temps du monarque:

Espace Bertet – Dimanche 18 Octobre à 17h30 – Entrée libre

Nous sommes dix chanteurs et acteurs dans ce magnifique programme avec projection de photos et des textes chantés.

En espérant vous y rencontrer !

Nouvelle lettre ouverte à la banque postale

2015/09/27

Bonjour,

J’ai vraiment du mal à comprendre le comportement de la Banque Postale. Après avoir une première fois exprimé mon mécontentement il y a 3 ans, cette fois-ci je suis en train de résilier la totalité des comptes de ma fille de chez eux (et les miens avec ainsi que ceux de mes autres enfants) tant on atteint un niveau scandaleux dans la relation client.

Accrochez-vous, c’est parti !

Ma fille dispose d’un livret A à la Banque Postale depuis sa naissance. Pour lui permettre de plus facilement le gérer depuis qu’elle est sur Paris, nous décidons de lui ouvrir un compte CCP pour lui permettre de faire enfin des opérations avec le livret car son interface Web ne le lui permet pas sans en avoir un semble-t-il.

Je prends donc RDV pour le 9 Janvier 2015 avec la conseillère financière (dont je tairais le nom eu égard à la suite) de La Poste de ma ville pour ouvrir un CCP pour ma fille. Nous faisons la paperasserie nécessaire pour cette demande et une autre pour un autre service.

L’autre service se met en place sans souci, mais après deux semaines, pas de nouvelles de la création du compte CCP. J’utilise donc mon interface Web La Banque Postale (je n’ai pas les coordonnées mail de la conseillère) pour demander un statut sur cette ouverture le 24 Janvier 2015 et écris:

Bonjour,
Nous avons déposé récemment les formulaires pour la création d’un CCP pour notre fille, mais nous ne voyons toujours pas ce compte apparaître ni dans notre interface, ni notre fille dans la sienne.
Merci d’avance de nous indiquer où nous en sommes
Merci d’avance,
Bruno Cornec

Réponse intéressante de La Banque Postale le 26 Janvier:

Chère Cliente, Cher Client,
Dans votre message ci-dessous, vous souhaitez des informations concernant l’ouverture du CCP de votre fille.
Toutefois, pour pouvoir traiter votre demande dans les meilleurs délais, nous vous remercions de bien vouloir nous préciser le numéro de ce compte.
Restant à votre disposition, nous vous remercions de votre confiance.
Cordialement,
Votre Chargé de Clientèle La Banque Postale

Evidemment, je réponds le 30 Janvier (oui je n’ai pas que cela à faire !):

Cher CCP,
Comment voulez-vous que je connaisse le numéro d’un compte non-encore créé ?
Ma fille dispose d’un Livret A chez vous XXX. Mais cela vous le saviez déjà car c’était mis dans la correspondance initiale:-)
Cordialement,
Bruno.

Il y a toujours certaines choses qui m’étonnent dans une liste toute faite de questions pour lesquelles peu de recul est pris par rapport à la situation du client. Mais bon, cela restait bon-enfant à ce stade. Nouvelle réponse de la Banque Postale le 2 Février:

Cher Client,
L’ouverture d’un compte ccp se fait en rendez vous un face à face avec un conseiller financier.
A l’issu du rendez-vous le conseiller a validé sa demande d’ouverture et un numéro de compte est alors réservé.
Ou avez vous ouvert le compte? avec qui?
Merci de vous mettre en relation avec votre conseiller.
Restant à votre disposition, nous vous remercions de votre confiance.
Cordialement,
Votre Chargé de Clientèle La Banque Postale

Grumph, retour à la case départ. La communication par mail ou le Web (au pire) a pour but de m’éviter d’aller au bureau de Poste (dont les horaires sont réduits de plus en plus et ne correspondent pas vraiment aux miens). Enfin normalement.
Quelques déplacements aux US et en Europe plus tard je réponds le 24 Février:

Oui j’ai fait l’ouverture avec mon conseiller, que j’ai du reste rencontré pour la première fois à cette occasion. Je n’ai pas eu de numéro de
CCP à cette occasion immédiatement, car l’opération devait se faire ultérieurement il me semble.
Il serait tellement plus facile que nous puissions effectivement dialoguer avec notre conseiller par mail, comme je le fais dans mon autre
banque depuis des années sans souci.
Son nom n’apparaît nulle part dans notre interface, donc difficile de vous redonner le nom comme cela, il faut que je le retrouve dans mes
papiers. Je suis au bureau de St Ismier 38330.
Avec une recherche informatique de qualité, ce dont je ne doute pas connaissant l’informatique de la Poste, vous devriez pouvoir trouver le
numéro du compte de Ségolène Cornec sur St Ismier, il ne doit pas y en avoir plus d’une. En fait il me suffirait que vous lui communiquiez,
ce qu’elle ne peut faire elle-même depuis son interface ne le voyant pas. Ou par retour ici, ayant procuration sur ledit nouveau compte
CCP.
Il serait plus simple que votre belle interface Web me mette en relation avec ma conseillère directement non ?
Cordialement,
Bruno.

Réponse très rapide du support le même jour:

Chère Cliente, Cher Client,
Dans votre message ci-dessous, vous souhaitez obtenir des informations sur le ou la conseillère du bureau de poste de ST ISMIER.
Nous avons le plaisir de vous informer que votre demande a bien été prise en compte.
La seule conseillère que nous ayons trouvé sur ST ISMIER est Mme XXX xxx,
Adresse Mail: xxx.xxx@labanquepostale.fr N° TEL 047652XXXX.
Restant à votre disposition, nous vous remercions de votre confiance.
Cordialement,
Votre Chargé de Clientèle La Banque Postale

Chouette ! Une adresse mail, je vais enfin pouvoir utiliser mes outils habituels pour communiquer avec la Banque Postale, plutôt qu’une interface Web vieillote et surout qui ne me permet pas de mettre d’autres personnes en copie par exemple pour garder des traces (je dois télécharger mes communications au format PDF).

Le 26 Février j’envoie donc un mail à ma conseillère:

Bonjour,

Bous avons fait des démarches pour ouvrir un compte CCP pour ma fille en
Janvier 2015, mais celle-ci ne voit toujours rien dans son interface
Web, ni moi dans la mienne. Pourriez-vous nous indiquer où nous en
sommes de la création de compte SVP ?

Merci d’avance,
Bruno Cornec.

Pas de réponse😦 C’est moins bien que le support central visiblement.
Je réitère le 14 Mars:

Bonjour,

Pouvez-vous nous apporter une réponse à cette question ?

Merci d’avance,
Bruno.
[Mail original tronqué]

Toujours pas de réponse😦 Je commence à comprendre du coup qu’on ne donne pas les adresses mail des conseillers. Cela ne sert visiblement pa à grand chose.
Du coup je recontacte le support le 28 Mars:

Bonjour,

malgré des mails envoyés à cette adresse, je ne reçois pas de réponse à ma demande. Avez-vous un moyen de vérifier cette adresse, et
de faire en sorte que ma conseillère réponde à cette demande ?
Ceci traine depuis longtemps maintenant et je pense que je vais juste lui ouvrir un compte en ligne à la place finalement😦
Merci d’avance,
Bruno.

Pas de réponse à ce mail qui depuis a disparu de mon interface Web. Mais j’ai des copies que je tiens à disposition de la Banque Postale si elle le souhaite.

Donc 2 mois après, toujours pas de compte😦 Ma femme passe un jour en Avril à la Poste et rencontre la conseillère qui lui dit avoir été débordée mais qu’elle va faire le nécessaire rapidement. Bien on progresse.

Le 14 Mai 2015, nous recevons enfin un courrier daté du 12 Mai comme quoi le compte est créé ! Victoire ! Tout cela pour pouvoir faire des virements vers le Livret A hébergé par la Banque Postale. Du coup cela va pouvoir fonctionner.

Sauf que le 2 Juin nous recevons le courrier suivant:

2015-06-02_Courrier_CCP-consolidé

Fabuleux non !! A peine créé, on veut supprimer le compte !
Ma fille étant à la maison dans cette période passe à la Poste pour demander des explications. On lui a répondu qu’il était possible que ce soit à cause d’un découvert (sans doute les frais d’inscription au service, chose qui aurait pu nous être communiqué directement, et le faible montant viré du coup), et elle a immédiatement couvert ce découvert (qui n’avait pas lieu d’être), en versant 20 EUR et on lui a dit que la procédure de suppression serait annulée de ce fait.

On pense en avoir fini, mais non ! Les rebondissements sont toujours de vigueur. Le 11 Août, ma fille reçoit le courrier suivant:
2015-08-11_Courrier_CCP

Moi, je pense rapidement à cela:

Evidemment, le 11 Août, il n’y avait pas grand monde pour réagir !

Du coup, nous décidons de migrer le Livret A dans un autre établissement. Donc, le 1er septembre 2015, ma fille se déplace à la Poste pour résilier le livret A avec le guichetier sur place. Elle demande également à ce que les frais qui ont entraînés la suppression de son compte courant lui soient remboursés ainsi que le solde. Le guichetier lui fait remplir les papiers pour annuler son livret A. Puis, il essaye de voir l’historique des actions sur son compte courant sans y parvenir. Evidemment, quand un compte est annulé, on ne peut le faire (en général c’est là qu’on a la rengaine, “c’est la faute de l’informatique ma brave dame”). Compatissant, car ayant suivi depuis le début les pérégrinations, il laisse à ma fille ses coordonnées afin qu’elle lui envoie un mail de demande de remboursement de frais et lui dit qu’il va demander au conseiller financier de consulter l’historique du compte pour le remboursement des frais et également récupérer l’argent qui était dessus, car celui-ci a disparu dans l’opération !! Le mail suivit:

Sujet : Remboursement frais Compte CCP
Date : Tue, 1 Sep 2015 16:57:46 +0200
De : Ségolène Cornec
Pour : franck.xxx@laposte.fr

Bonjour,

Comme convenu, suite à la suppression de mon compte CCP n°XXX, je souhaite le remboursement des frais qui m’ont été prélevés sans explication et qui ont entraîné la fermeture de ce même compte, ce que je n’avais pas demandé.

Merci d’avance,
Cordialement
Ségolène CORNEC

N’ayant pas eu de nouvelles de lui par mail, ma fille repasse à la Poste le 12 septembre 2015 – nous sommes 9 mois après la demande, une belle gestation non !) et demande où en est la procédure de remboursement. Le guichetier (le même), lui répond que le conseiller financier n’a pas pu consulter l’historique de son compte courant car ce dernier a été supprimé (sans blague !!). Et si on veut faire une demande de recherche d’historique, cela
entraînera des frais d’un montant d’environ 10 euros. Pour mémoire le compte devait avoir environ 20 EUR dessus, moins ce que la Banque Postale a indûment prélevé.

Donc, en conclusion, la Banque Postale nous a escroqué d’au moins 20 EUR (nous ne pouvons même plus vérifer de quel montant il s’agit), a pris plus de 4 mois pour le service simple attendu d’ouverture d’un compte, et s’est empressé de le cloturer sous prétexte de solde négatif alors que nous n’avons pas été informés des prélèvements qu’elle allait effectuer dessus.

En conséquence, je m’adresse aujourd’hui au service Relations Clients pour récupérer, et sans frais les montants qui nous sont dûs et que vous seuls connaissez. Faute de quoi, je contacterai le médiateur de la Banque Postale pour obtenir son soutien dans cette affaire. Il est hors de question que je vous abandonne quelque somme que ce soit, vue la manière dont vous avez géré ce dossier. Même si l’on doit aller en justice et investir des centaines d’euros pour en récupérer 20, je le ferai, car il y a des choses qu’on ne doit pas laisser passer. Quand une banque commence à détourner l’argent de ses clients, il y a un grave problème de gestion qui doit être traité. Mais que de temps perdu partout, de mon côté comme du vôtre dans cette affaire. Le coût a déjà dépassé les sommes en jeu😦

Il nous reste encore des comptes à la Banque Postale que nous nous appliquons à migrer vers une banque en ligne ou vers d’autres banques traditionnelles car nous n’avons plus aucune confiance dans le service rendu, au moins dans notre commune.

En espérant une réponse avant les 9 prochains mois…

Lettre ouverte aux représentants de la nation

2015/04/21

Cette lettre se veut un lancement d’alerte auprès de nos représentants démocratiquement élus de tout bord concernant l’examen en cours par le parlement de la “loi sur le renseignement”

Je réagis en tant qu’amateur du logiciel libre et de données ouvertes à titre privé, membre de l’AFUL, comme de l’APRIL, aussi bien que comme professionnel, en tant que citoyen que l’on va priver d’un de ses droits fondamentaux, en tant qu’électeur qui refuse de se reconnaître dans le premier vote effectué et demande instamment à tous nos représentants de se documenter avant de voter juste comme on leur a dit de voter.

Un certain nombre d’articles décrivent très bien les dérives vers lesquelles vont nous entraîner un vote en l’état de cette loi. Celui de Laurent Chemla sur Mediapart par exemple, ou celui de la Quadrature du Net vont donneront assez de matière pour réfléchir, et comprendre l’appauvrissement numérique qui gagne la France avec tous ces services associatifs et professionnels qui vont quitter le pays.

De plus, qui peut vraiment souhaiter vouloir qu’une boite noire en dehors de tout contrôle juridique amasse la plus grande collection de données possible pour la traiter selon le bon vouloir du gouvernement du moment. Comme nous ne savons pas lequel sortira des urnes en 2017, c’est donner un blanc-seing potentiellement à des partis dont on ne souhaite pas qu’ils aient une vue complète sur tout ce que vous échangez.

Va-t-il falloir tout crypter (chiffrer pour les puristes), du simple message de coucou, à ceux échangés autour de la musique renaissance (qui permet de faire des concerts sans droits d’auteur mais cela déplaira à la Sacem qui demandera à un ami un accès aux boites noires pour voir ce que je complote, ce que personne ne pourra contrôler du reste), ceux échangés au sein des conseils d’administration auxquels je contribue (le gouvernement saura ainsi que j’ai voté oui pour que l’AFUL se positionne contre cette loi), ceux que j’envoie à ma banque pour faire une opération, les sites que je consulte et ceux que je ne consulte pas, … On n’a pas besoin d’être terroriste pour vouloir faire respecter un niveau de confidentialité de son activité numérique.

A-t-on envisagé l’impact sur les sociétés ayant des sièges à l’étranger sur leur volonté de communiquer avec leur filiales potentiellement espionnées en France ? A-t-on mesuré l’impact sur les ONG et le travail qu’elles font partout dans le monde, quand elles réaliseront que tout ce qu’elle font (et elles dépendent complètement de l’Internet aujourd’hui pour fonctionner comme les précédentes et les suivantes) est potentiellement espionable ? Et les associations loi de 1901 ? Et les partis politiques, les syndicats, les juges, les avocats, les journalistes ? La CFTC Metallurgie 91 par exemple est hébergée chez Free par exemple. La confidentialité d’adhésion va du coup est sérieusement mise à mal non ? Et ce n’est qu’un des nombreux aspects où la surveillance de masse (puisque faite en coeur de réseau chez les opérateurs de l’Internet systématiquement, elle est donc de masse) aveugle pose problème.

Pourquoi ne pas simplement déjà appliquer la loi telle qu’elle est ? Elle a permis de mettre sur écoute les personnes qui allaient plus tard commettre des attentats (malheureusement pour les victimes, la surveillance légale et contrôlée a été arrêtée trop tôt) sans que cela soit une atteinte à la liberté des 65 autres millions de français ? Les lois actuelles, même si elles ne sont pas parfaites, ont permis à notre société de grandir et croître jusqu’ici. Il suffit de continuer à demander l’autorisation d’un juge pour mettre une personne sur écoute Internet. Au moins, il y aura des traces des raisons pour lesquelles cela est fait.

Messieurs et Mesdames les députés et sénateurs, cette frénésie pour légiférer n’est pas une preuve d’action. Par le simple fait qu’un ministre dise dans l’assemblée que la vie privée n’est pas une liberté vous devriez sérieusement prendre du temps pour examiner le projet, reconsidérer les amendements proposés et agir non en suivant la consigne de groupe, mais votre propre choix car sur un tel texte, on n’est pas de droite ou de gauche, on est pour la liberté individuelle et la vie privée (comme dans la constitution européenne) ou contre. Nous, citoyens, aurons le nom de tous ceux qui n’auront pas eu le courage de voter en leur âme et conscience pour léguer un Internet ouvert et respectueux des libertés de chacun à nos enfants.

En attendant, je vais leur apprendre les principes de bases des clés publiques et privées, et faire quelques essais sur le cryptage (aka chiffrement) systématique de nos communications. Cela contribuera au réchauffement climatique car nos ordinateurs, comme ceux qui tentent d’analyser les contenus, auront beaucoup plus de travail à faire (donc plus de consommation d’énergie pour y arriver).

Et n’oubliez pas que vous êtes des citoyens comme les autres de ce point de vue, et que donc vos informations bancaires, d’impots, d’opinions, … seront elles aussi stockées dans ces merveilleuses boites noires d’où l’on pourra extraire ce que l’on voudra. Finalement, on y gagnera sur l’automatisation de la déclaration de votre patrimoine en ligne qui sera grandement simplifiée, … et nécessairement juste. Mais ce ne sera qu’un petit pas pour la démocratie finalement non ?

Dans l’attente de consulter vos votes prochains sur ce projet de loi, et en espérant que vous éviterez à la France d’être à l’avenir comparée à la Corée du Nord, je vous souhaite une bonne lecture des références mentionnées plus haut pour vous forger une opinion par vous-même.

Tout à voir

2015/01/08

Je pensais que ce billet n’avait pour une fois rien à voir avec ce dont je parle habituellement: l’informatique libre et la musique ancienne. Mais en fait si.

Parler de ce qui s’est passé est impossible. Se taire serait intolérable.

Faire du logiciel libre, c’est promouvoir une forme de liberté. Liberté de contrôler son environnement numérique, de penser le logiciel d’une certaine manière, d’échanger facilement avec d’autres qui ne font pas comme vous car on respecte des chartes d’interopérabilité comme des constitutions.

Faire de la musique ancienne, c’est promouvoir une forme rare et profonde de culture qui montre la continuité par delà les époques, qui promeut par la chanson parisienne de de Janequin par exemple une forme complexe mais subtile si représentative pour moi de l’esprit français, c’est faire partager par l’émotion suscitée l’amour de la différence et du beau.

Aujourd’hui on a tenté de détruire deux des socles fondamentaux de notre démocratie à la française, la liberté et la culture.

Je n’aimais pas vraiment l’humour de Charlie Hebdo. J’ai le droit de le penser. Et alors ! tout le monde se fiche de ce que je pense, du moment qu’eux ont le droit de s’exprimer et de d’échanger autour de leurs idées, comme je peux moi échanger autour des miennes mentionnées plus haut. Comme ne l’a pas dit Voltaire: « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire »

Alors ce soir, moi aussi comme l’immense majorité des démocrates de tous les pays, je suis Charlie.

Finalement, parler est possible. Revenons en à notre devise:

Liberté de la presse et de la pensée
Egalité dans la laïcité et notre capacité de croire en ce que nous voulons,
Fraternité envers les victimes et leurs familles

La fée, les sorcières et le mage

2014/11/02

Fabuleux week-end musical à Paris entre l’Open World Forum et l’OpenStack Summit !

Les Witches

On commence par les Sorcières pour Haloween bien sûr ce vendredi ! Les Witches avaient annoncé leur concert sur Facebook, dans le cadre du festival Marin Marais, et pour une fois, je l’avais vu et comme je pouvais y assister, j’en ai profité pour les voir “en vrai” pour la première fois:-) (j’ai les disques du groupe que je trouve fantastiques).

Eh bien, en vrai c’est … fantastique aussi ! De la jubilation à tous les étages, dans le temple comme à la tribune. Les sorcières jettent des sorts à l’assistance qui bat des pieds et tape des mains en rythme sur les jigs, laments et autres danses d’Angleterre ou des flandres. De l’improvisation à n’en plus finir: comme elles le disent, on ne sait pas sur quel morceau on commence, qui va enchaîner, combien de temps cela va durer, comment on va s’arrêter, ni même parfois quelle tonalité sera utilisée. Mais tout fonctionne par une grande habitude de jeu en équipe (la plupart joue ensemble depuis 30 ans !), une maîtrise totale de son instrument par chaque sorcière (même si elles tentent d’en changer au début de la seconde partie !) et surtout par un plaisir de communier dans ce temple conjointement avec son public. Quel volonté de donner du plaisir, d’inviter le public à participer, en le faisant choisir un enchaînement de pièce ou le premier joueur. Et puis quelle générosité ! Commencé à 20h30 le concert a regroupé 3 parties et s’est terminé après 23h00 sur des bis applaudis longuement par un public conquis.

Les Witches

Les interprètes savent rester accessibles et humbles malgré leur énorme talent. Pour ma part, la dernière fois que j’avais vu Claire Michon jouer de la flûte, c’était au début des années 1980 pour un concert d’I dilettanti et j’ai retrouvé intact sa virtuosité et ses attaques franches et énergiques qui font de cet instrument un pur plaisir quand il est joué comme cela, dans ce répertoire Renaissance où il va si bien (variations sur Daphné de Van Eyck par exemple). D’autres photos sont disponibles sur Picasaweb.

Fontainebleau

Samedi, la journée fut passée à préparer le nouveau programme de l’ensemble Variations que je dirige consacré au règne de François Ier, en visitant le château de Fontainebleau où il a laissé de nombreuses traces, et dont les photos serviront à illustrer notre spectacle. Le soir, de retour sur Paris, il était temps de voir la fée au théâtre des Champs Elysées.

TCE

Là aussi, c’était la première fois que j’avais l’occasion de voir Cecilia Bartoli sur scène. Et là encore, ce fut une rencontre placée sur le principe de la générosité. La première partie du programme consacré à la musique en Russie au XVIIIème siècle et ses influences italiennes était en entrée en matière. L’entrée en scène est un peu trop scénographiée à mon goût (mais il ravira les amateur de traîne !). De même après chaque air, la diva congratule ses partenaires solistes, et on se demande si cette scénographie n’est pas un peu trop forcée. Mais ce serait oublier l’énorme vitalité de la chanteuse italienne. Et sa nature extravertie qui, une fois comprise, fait la différence, comme la veille pour nos sorcières.

Cecilia Bartoli

La seconde partie ne fut qu’une montée en puissance vers le dernier air officiel, véritable pyrotechnie vocale qui terminait en beauté une série d’airs tendres ou virtuoses de la plus belle manière. Quel engagement, quelle justesse d’expression et de notes alors quelles se succèdent à une vitesse qu’il semble impossible à une voix d’enchaîner à cette vitesse et cette dynamique. Quelle incarnation des rôles de la part de La Bartoli, au sommet de son art. Mais ce sont les bis qui ont fait vraiment chaviré la salle. Après avoir chanté à ce niveau au moins 1h30 durant (il y avait aussi des pièces instrumentales par les Barochisti de Diego Fasolis), elle enchaîne sur Steffani à tomber, des Vivaldi de folie, incitant chaque fois le public à en redemander ! Ce qu’il ne se fait pas prier de faire sous les acclamations.

Et là vient son air avec trompette, où elle aussi va improviser des réponses à des motifs que la trompette énonce. Alors que jusque là tout est toujours sous contrôle, elle se lâche complètement, reprend avec humour ce qu’elle pense avoir compris de la phrase de la trompette, s’arrête, ironise en français avec le public et finit avec une salle conquise. Elle a là montré qu’elle aussi savait prendre de risques, un réel plaisir à partager et sortir de la trace qu’elle avait faite tout au long du récital (qui était en tout point remarquable, pas de reproche de ma part bien sûr). Mais le supplément d’âme qu’elle a donné dans ces bis m’a fait revisiter ce que j’avais entendu jusque là pour conclure que cette artiste est absolument unique (je le savais déjà) et totalement investie pour la musique et transmettre le plaisir à ses spectateurs/auditeurs, jusqu’à aller au delà de ce qu’elle a prévu.

Alors évidemment, quand elle est re-rentrée sur scène avec sa tenue russe et sa toque blanche, la salle a rugi de plaisir. Au début, j’aurai dit too much. Là j’ai juste pensé bravo ! Plus de 2h00 de chant avec des ribambelles de notes, roulades et ornements, comme de pianissimos éthérés et de notes retenues et sussurées. Un succès absolu, qui confirme les CDs et DVDs (le Vivaldi !) que j’ai regardés depuis sa Cenerentola de Rossini où elle crevait l’écran. Un récital à voir, même si il n’y en aura sûrement pas pour tout le monde. Elle repasse au théâtre des Champs Elysées Vendredi prochain 7 Novembre. Courrez-y !

Aujourd’hui, Dimanche, c’était mon tour de pratiquer. J’ai pu de nouveau chanter avec ma fille dans l’ensemble Abélard dirigé par Jean Belliard pour une répétition de leur nouveau programme de motets de la Renaissance (what else !).

Quel plaisir simple de déchiffrer avec des amis les chefs d’oeuvre de cette période, notamment ceux de Josquin Desprez. Le “Super Flumina Babylonis” de Palestrina est une pièce que je chante depuis plus de 35 ans avec toujours le même plaisir. Surtout en si bonne compagnie.

Un bien beau week-end qui s’est fini par un repas partagé ensemble. De quoi donner de l’énergie pour toute la semaine qui vient. Merci à tous ces artistes qui donnent sans compter pour que nous puissions recevoir.

Rameau rime avec Minko !

2014/10/04

J’ai découvert Jean-Philippe Rameau, dont on fête cette année le 250è anniversaire de la mort, par ses splendides oeuvres pour clavecin, au milieu des années 70 et notamment sous les doigts de Scott Ross chez STIL un peu après. Aussi, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’opéra, bien plus tard, c’est avec Marc Minkowski et son fabuleux Platée que j’ai fait mes gammes en 1988.

La possibilité de le voir à l’opéra Garnier avec ma femme lors de la deuxième reprise en 1999 nous a laissé un souvenir marquant d’un spectacle total, alliant la perfection de l’expression du texte, à une mise en valeur de l’orchestration du maître dijonnais par les musiciens dirigés par Marc Minkowski, des chanteurs hors norme comme la Folie de Mireille Delunch ou la mise en scène inventive et novatrice, mais parfaitement en phase avec la volonté originelle de l’auteur de Laurent Pelly.

C’est du reste un spectacle dont j’ai acheté le DVD dès sa sortie en 2002 et qui a tout de suite passionné mes enfants, sensibilisés à la musique savante mais pas particulièrement fans d’opéra pour autant. Pourtant cette vision les a tout de suite attiré et conquis. Quelle meilleure preuve de la qualité de ce spectacle ? Eh bien peut-être le fait qu’ils étaient tous volontaires pour aller le voir sur scène au Palais Garnier lors de la reprise de 2009 et qu’ils en sont sortis emballés de l’avoir vu “en vrai”.

De mon côté, je l’avais revu en arrivant sur Grenoble en version concert (plaisant, mais bien loin du plaisir procuré par la mise en scène !). Sinon j’ai bien sûr chéri les autres Rameau que Marc Minkowski a enregistrés (Hippolyte Et Aricie, Dardanus), sans daidaigner les Indes Galantes, Zoroastre ou Castor et Pollux de William Christie ou les Boréades de John Eliot Gardiner.

Justement ces Boréades un peu maudites, non représentées du vivant du compositeur, recrées en 1982 par John Eliot Gardiner justement (avec un livret n’ayant pas été fourni avec les CDs, pour des problèmes d’accord sur les droits possédés par la maison … STIL) étaient reprises ce soir par Marc Minkowski à la MC2 de Grenoble mais en version de concert.

Même si le maître des Musiciens du Louvre Grenoble nous dit y trouver son compte dans une interview, et même si le mettre en scène est sans doute délicat, il reste que la scène manque et que l’on sent bien que certains chanteurs ce soir se seraient volontiers adonné à plus de jeu de scène. Mais l’auditorium, magnifique acoustique, est un peu petit pour le permettre facilement. Ce sera le seul bémol de cette soirée somptueuse.

Car vraiment, ce soir, Rameau rimait avec Minko !! Entourés de jeunes chanteurs, la maestro a fait feu de tout bois certes comme souvent, mais avec ce plus qui le rend irremplaçable dans Rameau. Sa manière de mettre en valeur les bassons (4 ce soir, tout comme les traverso), son instrument de prédilection et capital dans la musique de l’auteur des Boréades, est unique. Mention spéciale aussi auxdits traverso qui ont évoqué les vents de Borée avec tantôt fureur, virtuosité et tendresse. Feu de tout bois disais-je😉

Mais là où j’ai été le plus conquis, c’est par la troupe de chanteurs rassemblée. Peu de noms connus, mis à part Julie Fuchs. Mais ils ne le resteront pas longtemps, cela c’est sûr ! Quelles voix jeunes, timbrées, quel engagement et surtout quelle diction ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris un tel plaisir à écouter du français être déclamé et chanté comme ce soir. Mon coup de coeur est certainement pour Manuel Núñez-Camelino (Calisis) qu’il faudra vite voir sur scène, car on sentait chez lui cette envie de jouer, en plus de son timbre qui passe en toute circonstance avec puissance quand il le faut et un fruité de haute contre à la française rare. A suivre assurément. Son “frère” en scène Jean-Gabriel Saint-Martin (Borilée) n’est pas en reste et lui donne la meilleure des répliques possible, jouant lui aussi de son timbre riche. Un couple passant de la séduction à la noire vengeance avec aisance, d’une intelligibilité exemplaire et d’un engagement total. Vraiment Bravo.

Mais le reste de la distribution est à l’avenant avec toujours cette attention au texte qui le rend facile à suivre, même en ne jetant qu’un oeil au surtitrage, surtout pour suivre les formules XVIIIè, bien différentes des nôtres au XXIè siècle. Julie Fuchs donc est une Alphise de toute beauté également, véhémente dans l’évocation de l’orage et caressante quand elle chante l’amour d’Abaris, articulation superlative toujours, ce qui est rare chez une soprano. Samuel Boden est Abaris et son timbre en a la noblesse. Concentré sur son chant (et quel chant), il rentre moins dans le jeu et ne regarde pas assez à mon goût Alphise, même à ses côtés. Mais c’est une version de concert, et de toute façon, encore une fois, difficile de produire du jeu dans ce contexte. S’il semble moins puissant potentiellement que Manuel dans la même tessiture de haute contre à la française, il est aussi plus rond, semble plus marqué par le sort qui s’acharne sur lui et émeut parfaitement dans ses plaintes si prenantes.

Et les seconds rôles sont à l’avenant. Ils viennent semble-t-il en majorité de l’académie européenne d’Aix en Provence et on ne peut que la féliciter de nous confier des artistes d’un tel niveau et aussi d’un tel potentiel.

Nous sommes sortis ravis de la soirée, et moi espérant que les annonces de reprise de Platée ou que la promesse des Indes Galantes par Marc Minkowski arrivera bientôt car j’ai hâte de le retrouver si bien entouré dans ces chefs d’oeuvres absolus de l’histoire de la musique, qui n’ont rien à envier aux grands opéras classiques ou romantiques, fort leur notoriété.

Merci pour ce moment😉

In memoriam Frans Brüggen

2014/09/21

Dans l’article que j’avais écrit pour la disparition de Gustav Leonhardt, je disais justement:

“Ce maître artiste a dédié sa vie à la musique, jusqu’à en faire le sacrifice en se produisant jusqu’à la fin. Il m’a fait aimer le clavecin plus que mon propre instrument (la flûte à bec qu’un Frans Brüggen a si bien illustré avec son accompagnement). Il a contribué à graver une intégrale des cantates de Bach qui a fait date et reste, par sa diffusion sur France Musique par Jacques Merlet, une de mes nombreuses initiations à la musique, de celles qui vous marquent pour la vie.” [Jacques Merlet qu est aussi décédé tout récemment et qui fut un passeur fantastique aussi à sa manière]

Alors parlons de Frans Brüggen, disparu récemment lui aussi, à l’heure où notre éducation nationale ne souhaite plus utiliser la flûte à bec comme instrument d’initiation à la musique, pour préférer la voix. Dommage car si peu semblent le regretter, moi c’est par elle que je suis venu à la musique, grâce à un professeur de collège fabuleux, Guy Miaille, éllève d’Henri Carol, et bien sûr au pape de l’instrument, Frans Brüggen.

Ce petit tuyau percé, déjà utilisé par les bergers dans l’antiquité, et sans doute le premier instrument de musique fabriqué dans des temps encore plus reculés, est un vrai instrument qui peut charmer comme peu d’autres peuvent le faire quand il est joué comme le maître hollandais le faisait.

Si l’on écoute partition à la main la Folia de Corelli, on se rend compte de l’ingéniosité de l’ornementation que le maître savait déployer, et renouveler car les autres enregistrements de la même pièce en comportent d’autres, même si celles-ci restent mes préférées tant elle semblent faire partie de la pièce originale.

Son travail de coup de langue (double et triple) lui permettait d’avoir une très grande vélocité, que ses doigts agiles pouvaient suivre (à mon grand dam quand j’essayais de jouer par dessus lui !). Il a vraiment réintroduit l’usage de l’instrument, défriché le répertoire, français également avec Hotteterre, et évidemment allemand avec Telemann – quelles sonates du Getreuer Musik Meister ou encore le double concerto pour flûte ) bec et traverso avec Frans Vester et bien sûr Bach, tant dans la partita BWV 1013, pièce que j’ai passé des heures à travailler pour tenter de faire aussi bien que lui – on peut rêver non ! – ou les brandbourgeois par exemple. Quant à son Opus 10 de Vivaldi avec les prémices de l’orchestre du XVIIIè siècle, il reste pour moi un disque inégalable de fruité, d’énergie et timbres.

Autant que mon professeur Guy Miaille, Frans Brüggen a été un maître qui m’a enseigné l’amour de cet instrument, m’a donné la volonté de travailler pour tenter d’obtenir cette pureté de son qui me fait toujours rêver et cette agilité qui permet de franchir les obstacles techniques pour se concentrer sur la musicalité, le sens et la beauté de la phrase. Un maître qui ne se lassait jamais de me remontrer la bonne manière de faire, il me suffisait de me lever et d’aller replacer le diamant de la platine au début de la face du disque 33 tours pour en profiter de nouveau !!

Entre lui et David Munrow pour les instruments périphériques (cromorne, hautbois du poictou, cornamuse) j’ai eu les meilleurs maîtres en complément et cela m’a permis de découvrir un immense répertoire d’une grande beauté qui continue de m’accompagner. Pourvu que Teldec ressorte certains des disques du virtuose néerlandais qui n’ont pas été réédités ainsi que ceux qui l’étaient déjà, et propose une grande intégrale et montre ainsi à tous les enfants martyrisés par des cours de flûte mal assumés, combien cet instrument est musique, combien il peut susciter d’émotion et amener à la découverte de compositeurs (Marcello, Barsanti, Sammartini) et d’oeuvres (Sonates de Haendel, Fantaisies de Telemann, La pavanne Lachrimae de Van Eyck, La cantate BWV 106 de Bach “Actus Tragicus”) au combien prenantes.

Même si il avait choisi de poursuivre son attachement à la musique par la direction d’orchestre par la suite (quelles suites de Rameau il laisse au disque) Frans Brüggen reste pour moi le modèle absolu de cet instrument mal aimé pour de mauvaises raisons qu’est la flûte à bec, dont il joue maintenant dans les sphères célestes. Un grand merci me vient aux lèvres en pensant à ce fabuleux leg discographique qu’il nous a donné. Aujourd’hui les flûtistes que vous entendez jouer ont souvent été de ses élèves, ou les élèves de ses élèves. Après deux siècles d’interruption, la lignée des flûtistes à bec est de nouveau bien vivante, grâce à lui.

Découvrez la musique sacrée de la Renaissance…

2014/08/31

… dans les meilleures conditions possibles:

Affiche concert

  • Le concert proposé est gratuit mais de grande valeur.
  • Les oeuvres données sont des chefs d’oeuvre absolus de la musique sacrée de la Renaissance. La profondeur du Requiem de Victoria n’a rien à envier à celui de Mozart, Verdi, Fauré, quoique dans une approche esthétique différente bien entendu.
  • Le lieu, l’église de St Sulpice de Favière, petite soeur en Essonne de la Sainte Chapelle de Paris, ne pourra que contribuer à renforcer l’atmosphère orante suggérée par la musique.
  • La direction d’un musicien généreux et inspiré, Jean Belliard, qui saura vous faire passer les frissons que cette musique ne peut manquer de générer chez l’auditeur, au travers des âges.
  • Enfin la possibilité unique (pour le moment) de me voir chanter avec mes deux filles, mais hélas sans ma femme qui ne sera pas du voyage cette fois.

Venez nombreux et faites passer l’info !


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