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Journées Européennes du Patrimoine 2016

2016/09/10

Les Journées Européennes du Patrimoine auront lieu la semaine prochaine les samedi 17 et dimanche 18 Septembre partout en France. Mais je suis sûr que c’est en Isère que vous préférerez vernir😉

D’abord en raison du fabuleux patrimoine local, et aussi parce que de nombreuses animations viendront les mettre en valeur. Et j’aurai le plaisir d’y contribuer avec l’ensemble Variations !

Tout d’abord nous animerons une promenade musicale entre Bernin et St Nazaire les Eymes avec trois haltes:

  • Au château de La Veyrie de Bernin est à 14h avec un programme médiéval (Rondeau “Fines Amourettes” d’Adam de La Halle, Saltarello, Stella Splendens du Llibre Vermell de Montserrat)
  • le long d’une maison Renaissance La Beyrou de St Nazaire à 14h45 avec un programme ad-hoc ! (La Guerre de Clément Janequin et le Salvum fac Regem de Jean Mouton)
  • enfin, le long du château de St Nazaire à 15h30 avec un programme baroque (Le motet “Unser leben ist ein Schatten” de Johann Bach et une sonate à 2 flûtes à bec de Georg Philip Telemann)

Le temps de nous transporter et de nous installer et à 18h30 nous donnerons notre programme sur les Arts sous François 1er au château de Roussillon.
Concert de Roussillon

Au cours d’une ballade chronologique d’une heure trente couvrant toute la vie de François Ier, notre ensemble illustrera la vie du « Noble Roy François » en chantant des pièces liées aux événements qui ont émaillé sa vie :

  • des chansons parisiennes illustrant ses amours (Le Bergier et la Bergière de Nicolas Gombert, Vous perdez temps de Claudin de Sermisy),
  • des pièces sacrées illustrant la naissance de ses enfants, comme la mort de ses proches, (le Proch Dolor de Josquin Desprez, l’Exalta Regina Galliae de Jean Mouton)
  • des chansons sur les guerres menées, sa capture à Pavie par Charles Quint, son séjour en Espagne (Scaramella de Josquin Desprez, La Guerre de Clément Janequin, Mas vale trocar de Juan del Encina)
  • les tubes de l’époque (El grillo et Mille Regretz de Josquin Desprez, Doulce mémoire de Pierre Sandrin)

Mais plus qu’un concert, nous souhaitons entraîner le spectateur dans une ballade illustrée par le foisonnement artistique de la Renaissance. Aussi ces pièces musicales seront complétées par des extraits de textes poétiques, humoristiques ou politiques contemporains, de Joachim du Bellay, Clément Marot, François Rabelais ou Michel de Montaigne, ainsi que par une projection de photos d’œuvres d’art des grands peintres et statuaires que le roi appréciait tant comme Léonard de Vinci, Jean Clouet ou Le Primatice.

En outre, une mise en espace sera assurée pour permettre au spectateur de suivre au mieux le déroulement de ce programme, et être entièrement replongé cinq cents ans en arrière.

Nom de Zeus, n”hesitez pas à venir nombreux faire cette expérience spatio-temporelle ! Et si vous ne pouvez pas le samedi, rattrapez-vous au moins en venant le dimanche !

Concert de Biviers

Nous serons cette fois en l’église de Biviers, pour contribuer à la remise en place à 17h00 de 2 tableaux du 17ème siècle classés monuments historiques et tout juste restaurés dont nous célébrerons le retour dans l’église par ce spectacle qui débutera à 17h30.

Après, vous êtes conviés à un pot de l’amitié. Que demander de plus !!

Pour les malchanceux qui restent en région parisienne, et voudraient prétexter de cela pour se couler douce, pas d’excuse, non plus, allez écouter le choeur de l’académie d’Etampes dans un autre magnifique programme Renaissance à St Sulpice de Favière !

Et comme toujours pour ces concerts, le prix ne doit pas être un obstacle à l’accès à la musique ancienne donc l’entrée en est libre et notre rémunération sera le sourire que vous aurez à la sortie d’avoir découvert ces merveilles !

Une dernière académie ?

2016/07/09

Peut-être pour moi. Je ne sais pas encore. En tout cas, une académie de musique sacrée de la Renaissance de plus. La 27è pour moi. Car je n’en ai pas raté une seule depuis le début. Normal car nous avions souhaité prolonger le travail que nous faisions avec Jean Belliard au sein de l’ensemble vocal Déchant, et ce rendez-vous estival autour du 14 Juillet s’est transformé rapidement pour moi en l’un de ces moments que l’on attend avec impatience toute l’année.

Depuis deux années déjà, notre Maître subit un désagrément de l’âge, qui est dramatique pour un musicien, la perte progressive de son audition. Alors cette année, après avoir tout fait pour continuer à transmettre sa passion au travers de la musique qu’il aime tant, ces polyphonies sacrées de la Renaissance dont il m’aura fait découvrir l’immensité et l’extraordinaire beauté du répertoire, Jean a décidé de passer le flambeau à sa fille Laudine pour animer cette académie. C’est donc une page d’histoire commune que je dois accepter de tourner, non sans mélancolie, mais avec une multitude de souvenirs plein la tête et de moments de musique fabuleuse partagée grâce à son inspiration. Il a aussi arrêté de diriger le Choeur d’Etampes et l’ensemble Abélard où chantait ma fille Ségolène.

J’espère que les nombreuses heures que nous avons passées tous ensembles à tenter de faire résonner la musique et le texte de notre mieux, sans parvenir à atteindre l’idéal qu’il se fixait, continueront longtemps à lui tourner dans la tête et le remplir de musique malgré tout.

Nous pensons à lui, à cette peine qu’il doit ressentir et j’espère qu’il se console aussi en se remémorant toutes les beautés qu’il a su nous faire découvrir, qu’il nous a entraîné à chanter, toutes ces graines de musique qu’il a semées chez des centaines de choristes, et qui aujourd’hui germent partout grâce à lui. Tant et si bien que moi aussi je me suis mis à transmettre (à mon niveau bien sûr) ce que j’avais reçu de sa part au sein de notre ensemble vocal Variations. Ce qui fait que je ne pourrai assurer le concert de Septembre cette année, car nous nous produirons dans le cadre des journées européennes du patrimoine pour notre programme autour de François Ier à Roussillon (le 17 Septembre à 18h30) et à Biviers (le 18 Septembre à 17h30) en Isère.

Je sais tout ce que je lui dois et combien il a durablement influencé ma vie tout simplement. Et pas qu’en musique.

Alors pour honorer ce contrat moral envers lui, nous allons travailler avec la même assiduité que d’habitude, ma femme, ma fille et moi-même pour perpétuer cette réputation d’excellence qu’il a insufflé pendant 26 académies et faire 3 magnifiques concerts à l’Eglise Saint-Martin d’ETAMPES (91) le vendredi 15 juillet à 21 h, à la Cathédrale St.Etienne de SENS (89) le samedi 16 juillet à 20 h et à l’Abbaye de Fleury à St.BENOIT-SUR-LOIRE (45) le dimanche 17 juillet à 16 h qui nous avait déjà accueilli plusieurs fois et est un lieu magnifique.

Venez découvrir ce répertoire époustouflant de beauté, enivrez-vous de sons et participez à un hommage bien mérité envers ce grand professionnel qui a toujours considéré l’amateur comme son frère en musique.

Ensemble Correspondance: un Art florissant

2016/06/29

Le 2 Juin a eu lieu un magnifique concert à la MC2. L’ensemble Correspondance, dirigé par Sébastien Daucé, a présenté un programme autour de Marc-Antoine Charpentier et de son voyage initiatique en Italie avec les influences qu’il a reçues à cette occasion.

J’avais déjà apprécié le disque qu’ils avaient consacré à Etienne Mouliné et que j’avais trouvé somptueux dans un programme rare. Cela m’avait donné envie de les voir en concert pour juger de la validité de ce jugement car le disque peut être trompeur, manipulé, arrangé, alors qu’un concert ne le peut pas. J’avais réservé ce concert dès Juin 2015 pour finalement le voir donc il y a quelques jours.

Eh bien autant dire que j’ai été emballé ! Très beau travail de prononciation de l’ensemble, clarté d’élocution, équilibre des voix. Avec la magnifique voix de basse d’Emmanuel Vistorky (qui a eu une pièce solo) et la plus belle voix de l’ensemble en la personne de Lucile Richardot, fantastique tessiture de contre-alto/alto/mezzo, timbrée et qui peut s’aligner en puissance face à n’importe quel haute-contre ou contre-ténor. Un vrai régal alors qu’il est si rare d’entendre ce genre de voix, et que depuis celle de Lydwine de Hoog-Belliard avec qui j’ai si longtemps chanté, je n’en avais pas entendue de pareille. Cette artiste a une très belle carrière devant elle. Evidemment, le cornet à bouquin d’Adrien Mabire qui nous a si souvent soutenu lors de nos académies de Juillet était de la partie avec des ornements endiablés.

Splendide programme aussi avec des raretés comme le motet de Tarditi, le Magnificat de Cavalli, un absolu chef d’oeuvre, et surtout la messe à 4 choeurs de Beretta spatialisée dans la MC2, expérience intéressante pour le spectateur placé au centre du son, même si leur attention était du coup beaucoup mobilisée sur la coordination avec le chef sur scène. En revanche, ils étaient regroupés pour la messe à 4 choeurs de Charpentier sur scène et ont là pu donner tout leur c(h)oeur dans les effets soulignant le sens du texte, ce qui était très bien venu.

Ce programme était leur création et à mon avis déjà une belle réussite que je vous engage fortement à aller entendre quand il passera près de chez vous, et tous les retours de mes relations qui ont été extrêmement élogieux aussi sur ce concert.

J’ai eu l’impression d’avoir assisté à la prestation de nouveaux Arts Florissants, eu égard au programme (tant Moulinié que Marc-Antoine Charpentier étaient au programme des premiers disques et concerts de l’ensemble de William Christie). Sébastien Daucé est aussi un claveciniste-chef amoureux de la musique du grand siècle, comme de l’Italie du 17è siècle. Et à les entendre, on ne peut que leur souhaiter une aussi longue continuation et réussite. Ils en prennent le chemin.

Ils seront du reste de nouveau présents sur la saison à venir avec le Te Deum de Marc-Antoine Charpentier et des motets de Dumont, donc courrez réserver votre place, car il ne devrait pas y en avoir pour tout le monde cette fois-ci !

Quand on pense que sur la saison 2016-2017 à venir, la MC2 a dû diminuer sa programmation de 20 spectacles, c’est fort dommage. Il est important de soutenir le spectacle vivant, car même si j’adore le disque et en possède beaucoup, rien ne remplace l’émotion du concert ! Alors pour soutenir leur action, j’ai posté ce petit mot au président de la république, pour qu’en France on continue (et amplifie) le soutien au spectacle vivant et à la culture, en particulier la musique savante:

“Outre le plaisir direct qu’elle procure à ceux qui y assistent, sous toutes ses manifestations, la culture est une puissance économique majeure pour la France, surtout combinée à la richesse de notre patrimoine.

Il faut lui permettre de se développer pour enrichir notre pays de théâtre, de musique (et surtout de musique savante de *toutes* les époques et lieux), de danse, de peinture, d’architecture et favoriser les lieux de culture aussi lieu de consommation, de nuitées, de repas, de transport, faisant fonctionner notre économie locale, qui plus est non-délocalisable.

Le peu donné ici amènera beaucoup là et les générations futures vous en seront gré !”

Et en ces temps de disette budgétaire, que la MC2 soutienne encore plus la musique ancienne: Nous avons plus de dix siècles de musique à faire connaître. A quand la Messe de Machaut par Diabolus in Musica, un panel de danses celtes par les Witches, les splendides spectacles de Vincent Dumestre et son Poème Harmonique, les antiennes médiévales par Discantus, des danseries italiennes par Doulce Mémoire, des madrigaux de Monteverdi par le Concerto Italiano ou n’importe quoi par Jordi Savall, car tout ce qu’il touche est juste magique….

Ces ensembles sont excellents, demandent bien moins de budget que pour des créations contemporaines, et aporteront beaucoup de plaisir et de découvertes au public grenoblois. la MC2, à vous de jouer !

Spectacle François Ier à l’église de St Ismier ce Samedi 9 Janvier à 20h30

2016/01/09

Si le coeur vous en dit, si vous avez un peu de temps aussi en ce début d’année, venez écouter l’ensemble Variations lors du concert organisé en l’église de St Ismier.

Et n’hésitez pas à faire passer le message !

Dans ce spectacle autour des arts au temps de François Ier, vous pourrez entendre des pièces sacrées et profanes illustrant la vie du roi, écouter des textes de la Renaissance en rapport et admirer diverses oeuvres d’art du temps du monarque:

Eglise St Philibert de St Ismier – Samedi 9 Janvier 2016 à 20h30
Entrée libre

Nous sommes dix chanteurs et acteurs dans ce magnifique programme d’une heure 15 avec projection de photos et des textes chantés, accessible à tout âge. Quelle meilleure manière de commencer 2016 !

En espérant vous y rencontrer !

Spectacle François Ier à l’espace Bertet Musique ce Dimanche 18 Octobre

2015/10/11

Si le coeur vous en dit, si vous avez un peu de temps aussi, venez écouter l’ensemble Variations lors du concert organisé chez Bertet Musique à Gière.
Et n’hésitez pas à faire passer le message !

Dans ce spectacle autour des arts au temps de François Ier, vous pourrez d’entendre des pièces sacrées et profanes illustrant la vie du roi, écouter des textes de la Renaissance en rapport et admirer diverses oeuvres d’art du temps du monarque:

Espace Bertet – Dimanche 18 Octobre à 17h30 – Entrée libre

Nous sommes dix chanteurs et acteurs dans ce magnifique programme avec projection de photos et des textes chantés.

En espérant vous y rencontrer !

Back to RMLL 5 years after !

2015/07/07

I like that event which is organized by different teams each year and gather thousands of enthusiasts during one week in one city to celebrate Open Source and Free Software.

This year, for the first time since 2010, I have no conflict attending it and also attending the Academy of sacred Music in Etampes, the week after, as I do since the first one.

So this year I’ll give a status of where we are with the MondoRescue project for my tenth anniversary of project leadership and after the last presentation I did 5 years ago.

And as you can’t be in the mood without docker, I’ll deliver a session on docker and project-builder to demonstrate its particular value IMHO in this domain of continuous packaging and also I’ll animate a Lab session on docker to help discover this tool and understand the challenge of containerizing an application such as owncloud. Come prepared with at least a Linux VM or better a Linux laptop to enjoy the tour🙂 And start by downloading the Lab document based on Ubuntu 14.04 !

And don’t hesitate to come and talk of whatever topic I’d be able to cover such as AFUL, Mageia, OpenStack, Redfish and Ironic or the beauty of Jean Mouton’s music during the reign of François the first (not our current pope ;-))

La fée, les sorcières et le mage

2014/11/02

Fabuleux week-end musical à Paris entre l’Open World Forum et l’OpenStack Summit !

Les Witches

On commence par les Sorcières pour Haloween bien sûr ce vendredi ! Les Witches avaient annoncé leur concert sur Facebook, dans le cadre du festival Marin Marais, et pour une fois, je l’avais vu et comme je pouvais y assister, j’en ai profité pour les voir “en vrai” pour la première fois🙂 (j’ai les disques du groupe que je trouve fantastiques).

Eh bien, en vrai c’est … fantastique aussi ! De la jubilation à tous les étages, dans le temple comme à la tribune. Les sorcières jettent des sorts à l’assistance qui bat des pieds et tape des mains en rythme sur les jigs, laments et autres danses d’Angleterre ou des flandres. De l’improvisation à n’en plus finir: comme elles le disent, on ne sait pas sur quel morceau on commence, qui va enchaîner, combien de temps cela va durer, comment on va s’arrêter, ni même parfois quelle tonalité sera utilisée. Mais tout fonctionne par une grande habitude de jeu en équipe (la plupart joue ensemble depuis 30 ans !), une maîtrise totale de son instrument par chaque sorcière (même si elles tentent d’en changer au début de la seconde partie !) et surtout par un plaisir de communier dans ce temple conjointement avec son public. Quel volonté de donner du plaisir, d’inviter le public à participer, en le faisant choisir un enchaînement de pièce ou le premier joueur. Et puis quelle générosité ! Commencé à 20h30 le concert a regroupé 3 parties et s’est terminé après 23h00 sur des bis applaudis longuement par un public conquis.

Les Witches

Les interprètes savent rester accessibles et humbles malgré leur énorme talent. Pour ma part, la dernière fois que j’avais vu Claire Michon jouer de la flûte, c’était au début des années 1980 pour un concert d’I dilettanti et j’ai retrouvé intact sa virtuosité et ses attaques franches et énergiques qui font de cet instrument un pur plaisir quand il est joué comme cela, dans ce répertoire Renaissance où il va si bien (variations sur Daphné de Van Eyck par exemple). D’autres photos sont disponibles sur Picasaweb.

Fontainebleau

Samedi, la journée fut passée à préparer le nouveau programme de l’ensemble Variations que je dirige consacré au règne de François Ier, en visitant le château de Fontainebleau où il a laissé de nombreuses traces, et dont les photos serviront à illustrer notre spectacle. Le soir, de retour sur Paris, il était temps de voir la fée au théâtre des Champs Elysées.

TCE

Là aussi, c’était la première fois que j’avais l’occasion de voir Cecilia Bartoli sur scène. Et là encore, ce fut une rencontre placée sur le principe de la générosité. La première partie du programme consacré à la musique en Russie au XVIIIème siècle et ses influences italiennes était en entrée en matière. L’entrée en scène est un peu trop scénographiée à mon goût (mais il ravira les amateur de traîne !). De même après chaque air, la diva congratule ses partenaires solistes, et on se demande si cette scénographie n’est pas un peu trop forcée. Mais ce serait oublier l’énorme vitalité de la chanteuse italienne. Et sa nature extravertie qui, une fois comprise, fait la différence, comme la veille pour nos sorcières.

Cecilia Bartoli

La seconde partie ne fut qu’une montée en puissance vers le dernier air officiel, véritable pyrotechnie vocale qui terminait en beauté une série d’airs tendres ou virtuoses de la plus belle manière. Quel engagement, quelle justesse d’expression et de notes alors quelles se succèdent à une vitesse qu’il semble impossible à une voix d’enchaîner à cette vitesse et cette dynamique. Quelle incarnation des rôles de la part de La Bartoli, au sommet de son art. Mais ce sont les bis qui ont fait vraiment chaviré la salle. Après avoir chanté à ce niveau au moins 1h30 durant (il y avait aussi des pièces instrumentales par les Barochisti de Diego Fasolis), elle enchaîne sur Steffani à tomber, des Vivaldi de folie, incitant chaque fois le public à en redemander ! Ce qu’il ne se fait pas prier de faire sous les acclamations.

Et là vient son air avec trompette, où elle aussi va improviser des réponses à des motifs que la trompette énonce. Alors que jusque là tout est toujours sous contrôle, elle se lâche complètement, reprend avec humour ce qu’elle pense avoir compris de la phrase de la trompette, s’arrête, ironise en français avec le public et finit avec une salle conquise. Elle a là montré qu’elle aussi savait prendre de risques, un réel plaisir à partager et sortir de la trace qu’elle avait faite tout au long du récital (qui était en tout point remarquable, pas de reproche de ma part bien sûr). Mais le supplément d’âme qu’elle a donné dans ces bis m’a fait revisiter ce que j’avais entendu jusque là pour conclure que cette artiste est absolument unique (je le savais déjà) et totalement investie pour la musique et transmettre le plaisir à ses spectateurs/auditeurs, jusqu’à aller au delà de ce qu’elle a prévu.

Alors évidemment, quand elle est re-rentrée sur scène avec sa tenue russe et sa toque blanche, la salle a rugi de plaisir. Au début, j’aurai dit too much. Là j’ai juste pensé bravo ! Plus de 2h00 de chant avec des ribambelles de notes, roulades et ornements, comme de pianissimos éthérés et de notes retenues et sussurées. Un succès absolu, qui confirme les CDs et DVDs (le Vivaldi !) que j’ai regardés depuis sa Cenerentola de Rossini où elle crevait l’écran. Un récital à voir, même si il n’y en aura sûrement pas pour tout le monde. Elle repasse au théâtre des Champs Elysées Vendredi prochain 7 Novembre. Courrez-y !

Aujourd’hui, Dimanche, c’était mon tour de pratiquer. J’ai pu de nouveau chanter avec ma fille dans l’ensemble Abélard dirigé par Jean Belliard pour une répétition de leur nouveau programme de motets de la Renaissance (what else !).

Quel plaisir simple de déchiffrer avec des amis les chefs d’oeuvre de cette période, notamment ceux de Josquin Desprez. Le “Super Flumina Babylonis” de Palestrina est une pièce que je chante depuis plus de 35 ans avec toujours le même plaisir. Surtout en si bonne compagnie.

Un bien beau week-end qui s’est fini par un repas partagé ensemble. De quoi donner de l’énergie pour toute la semaine qui vient. Merci à tous ces artistes qui donnent sans compter pour que nous puissions recevoir.

Rameau rime avec Minko !

2014/10/04

J’ai découvert Jean-Philippe Rameau, dont on fête cette année le 250è anniversaire de la mort, par ses splendides oeuvres pour clavecin, au milieu des années 70 et notamment sous les doigts de Scott Ross chez STIL un peu après. Aussi, lorsque j’ai commencé à m’intéresser à l’opéra, bien plus tard, c’est avec Marc Minkowski et son fabuleux Platée que j’ai fait mes gammes en 1988.

La possibilité de le voir à l’opéra Garnier avec ma femme lors de la deuxième reprise en 1999 nous a laissé un souvenir marquant d’un spectacle total, alliant la perfection de l’expression du texte, à une mise en valeur de l’orchestration du maître dijonnais par les musiciens dirigés par Marc Minkowski, des chanteurs hors norme comme la Folie de Mireille Delunch ou la mise en scène inventive et novatrice, mais parfaitement en phase avec la volonté originelle de l’auteur de Laurent Pelly.

C’est du reste un spectacle dont j’ai acheté le DVD dès sa sortie en 2002 et qui a tout de suite passionné mes enfants, sensibilisés à la musique savante mais pas particulièrement fans d’opéra pour autant. Pourtant cette vision les a tout de suite attiré et conquis. Quelle meilleure preuve de la qualité de ce spectacle ? Eh bien peut-être le fait qu’ils étaient tous volontaires pour aller le voir sur scène au Palais Garnier lors de la reprise de 2009 et qu’ils en sont sortis emballés de l’avoir vu “en vrai”.

De mon côté, je l’avais revu en arrivant sur Grenoble en version concert (plaisant, mais bien loin du plaisir procuré par la mise en scène !). Sinon j’ai bien sûr chéri les autres Rameau que Marc Minkowski a enregistrés (Hippolyte Et Aricie, Dardanus), sans daidaigner les Indes Galantes, Zoroastre ou Castor et Pollux de William Christie ou les Boréades de John Eliot Gardiner.

Justement ces Boréades un peu maudites, non représentées du vivant du compositeur, recrées en 1982 par John Eliot Gardiner justement (avec un livret n’ayant pas été fourni avec les CDs, pour des problèmes d’accord sur les droits possédés par la maison … STIL) étaient reprises ce soir par Marc Minkowski à la MC2 de Grenoble mais en version de concert.

Même si le maître des Musiciens du Louvre Grenoble nous dit y trouver son compte dans une interview, et même si le mettre en scène est sans doute délicat, il reste que la scène manque et que l’on sent bien que certains chanteurs ce soir se seraient volontiers adonné à plus de jeu de scène. Mais l’auditorium, magnifique acoustique, est un peu petit pour le permettre facilement. Ce sera le seul bémol de cette soirée somptueuse.

Car vraiment, ce soir, Rameau rimait avec Minko !! Entourés de jeunes chanteurs, la maestro a fait feu de tout bois certes comme souvent, mais avec ce plus qui le rend irremplaçable dans Rameau. Sa manière de mettre en valeur les bassons (4 ce soir, tout comme les traverso), son instrument de prédilection et capital dans la musique de l’auteur des Boréades, est unique. Mention spéciale aussi auxdits traverso qui ont évoqué les vents de Borée avec tantôt fureur, virtuosité et tendresse. Feu de tout bois disais-je😉

Mais là où j’ai été le plus conquis, c’est par la troupe de chanteurs rassemblée. Peu de noms connus, mis à part Julie Fuchs. Mais ils ne le resteront pas longtemps, cela c’est sûr ! Quelles voix jeunes, timbrées, quel engagement et surtout quelle diction ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris un tel plaisir à écouter du français être déclamé et chanté comme ce soir. Mon coup de coeur est certainement pour Manuel Núñez-Camelino (Calisis) qu’il faudra vite voir sur scène, car on sentait chez lui cette envie de jouer, en plus de son timbre qui passe en toute circonstance avec puissance quand il le faut et un fruité de haute contre à la française rare. A suivre assurément. Son “frère” en scène Jean-Gabriel Saint-Martin (Borilée) n’est pas en reste et lui donne la meilleure des répliques possible, jouant lui aussi de son timbre riche. Un couple passant de la séduction à la noire vengeance avec aisance, d’une intelligibilité exemplaire et d’un engagement total. Vraiment Bravo.

Mais le reste de la distribution est à l’avenant avec toujours cette attention au texte qui le rend facile à suivre, même en ne jetant qu’un oeil au surtitrage, surtout pour suivre les formules XVIIIè, bien différentes des nôtres au XXIè siècle. Julie Fuchs donc est une Alphise de toute beauté également, véhémente dans l’évocation de l’orage et caressante quand elle chante l’amour d’Abaris, articulation superlative toujours, ce qui est rare chez une soprano. Samuel Boden est Abaris et son timbre en a la noblesse. Concentré sur son chant (et quel chant), il rentre moins dans le jeu et ne regarde pas assez à mon goût Alphise, même à ses côtés. Mais c’est une version de concert, et de toute façon, encore une fois, difficile de produire du jeu dans ce contexte. S’il semble moins puissant potentiellement que Manuel dans la même tessiture de haute contre à la française, il est aussi plus rond, semble plus marqué par le sort qui s’acharne sur lui et émeut parfaitement dans ses plaintes si prenantes.

Et les seconds rôles sont à l’avenant. Ils viennent semble-t-il en majorité de l’académie européenne d’Aix en Provence et on ne peut que la féliciter de nous confier des artistes d’un tel niveau et aussi d’un tel potentiel.

Nous sommes sortis ravis de la soirée, et moi espérant que les annonces de reprise de Platée ou que la promesse des Indes Galantes par Marc Minkowski arrivera bientôt car j’ai hâte de le retrouver si bien entouré dans ces chefs d’oeuvres absolus de l’histoire de la musique, qui n’ont rien à envier aux grands opéras classiques ou romantiques, fort leur notoriété.

Merci pour ce moment😉

In memoriam Frans Brüggen

2014/09/21

Dans l’article que j’avais écrit pour la disparition de Gustav Leonhardt, je disais justement:

“Ce maître artiste a dédié sa vie à la musique, jusqu’à en faire le sacrifice en se produisant jusqu’à la fin. Il m’a fait aimer le clavecin plus que mon propre instrument (la flûte à bec qu’un Frans Brüggen a si bien illustré avec son accompagnement). Il a contribué à graver une intégrale des cantates de Bach qui a fait date et reste, par sa diffusion sur France Musique par Jacques Merlet, une de mes nombreuses initiations à la musique, de celles qui vous marquent pour la vie.” [Jacques Merlet qu est aussi décédé tout récemment et qui fut un passeur fantastique aussi à sa manière]

Alors parlons de Frans Brüggen, disparu récemment lui aussi, à l’heure où notre éducation nationale ne souhaite plus utiliser la flûte à bec comme instrument d’initiation à la musique, pour préférer la voix. Dommage car si peu semblent le regretter, moi c’est par elle que je suis venu à la musique, grâce à un professeur de collège fabuleux, Guy Miaille, éllève d’Henri Carol, et bien sûr au pape de l’instrument, Frans Brüggen.

Ce petit tuyau percé, déjà utilisé par les bergers dans l’antiquité, et sans doute le premier instrument de musique fabriqué dans des temps encore plus reculés, est un vrai instrument qui peut charmer comme peu d’autres peuvent le faire quand il est joué comme le maître hollandais le faisait.

Si l’on écoute partition à la main la Folia de Corelli, on se rend compte de l’ingéniosité de l’ornementation que le maître savait déployer, et renouveler car les autres enregistrements de la même pièce en comportent d’autres, même si celles-ci restent mes préférées tant elle semblent faire partie de la pièce originale.

Son travail de coup de langue (double et triple) lui permettait d’avoir une très grande vélocité, que ses doigts agiles pouvaient suivre (à mon grand dam quand j’essayais de jouer par dessus lui !). Il a vraiment réintroduit l’usage de l’instrument, défriché le répertoire, français également avec Hotteterre, et évidemment allemand avec Telemann – quelles sonates du Getreuer Musik Meister ou encore le double concerto pour flûte ) bec et traverso avec Frans Vester et bien sûr Bach, tant dans la partita BWV 1013, pièce que j’ai passé des heures à travailler pour tenter de faire aussi bien que lui – on peut rêver non ! – ou les brandbourgeois par exemple. Quant à son Opus 10 de Vivaldi avec les prémices de l’orchestre du XVIIIè siècle, il reste pour moi un disque inégalable de fruité, d’énergie et timbres.

Autant que mon professeur Guy Miaille, Frans Brüggen a été un maître qui m’a enseigné l’amour de cet instrument, m’a donné la volonté de travailler pour tenter d’obtenir cette pureté de son qui me fait toujours rêver et cette agilité qui permet de franchir les obstacles techniques pour se concentrer sur la musicalité, le sens et la beauté de la phrase. Un maître qui ne se lassait jamais de me remontrer la bonne manière de faire, il me suffisait de me lever et d’aller replacer le diamant de la platine au début de la face du disque 33 tours pour en profiter de nouveau !!

Entre lui et David Munrow pour les instruments périphériques (cromorne, hautbois du poictou, cornamuse) j’ai eu les meilleurs maîtres en complément et cela m’a permis de découvrir un immense répertoire d’une grande beauté qui continue de m’accompagner. Pourvu que Teldec ressorte certains des disques du virtuose néerlandais qui n’ont pas été réédités ainsi que ceux qui l’étaient déjà, et propose une grande intégrale et montre ainsi à tous les enfants martyrisés par des cours de flûte mal assumés, combien cet instrument est musique, combien il peut susciter d’émotion et amener à la découverte de compositeurs (Marcello, Barsanti, Sammartini) et d’oeuvres (Sonates de Haendel, Fantaisies de Telemann, La pavanne Lachrimae de Van Eyck, La cantate BWV 106 de Bach “Actus Tragicus”) au combien prenantes.

Même si il avait choisi de poursuivre son attachement à la musique par la direction d’orchestre par la suite (quelles suites de Rameau il laisse au disque) Frans Brüggen reste pour moi le modèle absolu de cet instrument mal aimé pour de mauvaises raisons qu’est la flûte à bec, dont il joue maintenant dans les sphères célestes. Un grand merci me vient aux lèvres en pensant à ce fabuleux leg discographique qu’il nous a donné. Aujourd’hui les flûtistes que vous entendez jouer ont souvent été de ses élèves, ou les élèves de ses élèves. Après deux siècles d’interruption, la lignée des flûtistes à bec est de nouveau bien vivante, grâce à lui.

Découvrez la musique sacrée de la Renaissance…

2014/08/31

… dans les meilleures conditions possibles:

Affiche concert

  • Le concert proposé est gratuit mais de grande valeur.
  • Les oeuvres données sont des chefs d’oeuvre absolus de la musique sacrée de la Renaissance. La profondeur du Requiem de Victoria n’a rien à envier à celui de Mozart, Verdi, Fauré, quoique dans une approche esthétique différente bien entendu.
  • Le lieu, l’église de St Sulpice de Favière, petite soeur en Essonne de la Sainte Chapelle de Paris, ne pourra que contribuer à renforcer l’atmosphère orante suggérée par la musique.
  • La direction d’un musicien généreux et inspiré, Jean Belliard, qui saura vous faire passer les frissons que cette musique ne peut manquer de générer chez l’auditeur, au travers des âges.
  • Enfin la possibilité unique (pour le moment) de me voir chanter avec mes deux filles, mais hélas sans ma femme qui ne sera pas du voyage cette fois.

Venez nombreux et faites passer l’info !