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Announcing the GeneanetForGramps plugin

2020/12/06

I’m a happy user of Gramps, since the confinement started in France back
in March 2020. I had received since the death of my father a lot of documents that described my family, and I had also some holes in my understanding of some branches. I wanted to keep all these information easily on my computer, instead of on multiple unrelated sheets of paper. After looking at what was available, I decided to invest more time on Gramps and it turned out it was a perfect fit for my needs (well in fact it should be perfect for a lot of amator genealogists considering the high number of features it provides): ability to keep family trees and visualize them in multiple nice ways, ability to also store people images, as well as official acts related to their life, their profession, address and much more again.

The nice stuff for me was that Gramps is written in python, so could help me enrich my understanding of the language I’m practicing since 3 years now (even if I still prefer perl ;-))

And when you are looking for information around family members, you often find good details on Geneanet. It allows the sharing of numerous family trees published by many people, among them you’ll find some common ancestors ! And once you’ve found one, you can see the full tree going up, and you start copying information from it, to enrich your own tree. Of course *real* genealogists do not do that as they want to check with acts that this is indeed true, but I just have one life, and as with FLOSS, I like to rely on work done by others and just do new stuff to improve the global knowledge.

But it’s soon very painful to copy from Geneanet data that have been entered by others, because it takes time, it’s error prone, and a machine could do that instead no ? Well, Gramps has no way to do it, nor did I find anything related to exporting data from Geneanet. So python to the rescue ūüėČ

I started by writing a script to extract data from Geneanet, using the lxml module which is very helpful to detect the tags that are in the Geneanet page and thus gather the information I needed to store that in a python object. Then, using the Gramps python module you can find whether the person already exists in the database and either include him or her if not, or modify (or not) the attributes if he or she was there. Then you add recursivity for ancestors to parse the tree, then you add recursivity for descendants to complete the tree, and then you add spouses support to cover it all. It took me a bit of time to make that work, but by june I had a good working setup. I was able to import in my test DB lots of people in one run, from the command line interface. Not everything was done, but as we were free tomove again, I used more to time to attend shows, exhibitions, visit museum, enjoy concerts again…

But as we were confined again in october, it was time to start thinking about the graphical interface, because at the end, I want to make it easy for my wife (and myself) to make such imports. Took me a bit of time to figure out which example was the closest to my case, in order to get inspiration from it, especially for the various parameters I wanted to make available. And this is now done and working as shown with this screenshot:

GeneanetForGramps plugin interface

Up to that point, I was still using the french web pages for Geneanet, but of course, if you want to make your plugin used world wide, you have to deal with internationalization. So that was the last step, replacing all hardcoded chains in the program by call to gettext and to translate stuff. Of course, it’s a bit mre difficult when you do string detection in pages, but it turned out that the code was clean enough to make it painless. And voil√† ! I now have a working plugin that I try to integrate to the upstream project (see my pull requests). Hopefully it will be seen as useful and validated soon. Meanwhile you can integrate it yourself in your Gramps instance by downloading it from my Github repository as it’s AGPLv3.

Jean Belliard, mon p√®re musical

2020/09/12
Jean Belliard √† Chamarande en 2010 lors de la XXI√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

En ce mois de Juillet 2020, en l’absence d’acad√©mie de musique pour la premi√®re fois en 30 ans en raison du Covid-19, nous nous √©tions r√©unis avec quelques amis ayant chant√© avec Jean Belliard dans ces acad√©mies pour monter un programme sur 3 jours et le donner en concert. Au programme, Tomas Luis de Victoria et Josquin Desprez que nous avons appris avec lui et dont les compositions nous ont marqu√© √† jamais. Et comme nom: Amicus Meus, le titre d’un repons de Victoria et aussi, la r√©f√©rence √† notre ma√ģtre. Jean avait eu la gentillesse de se d√©placer, malgr√© ses difficult√©s, pour venir nous voir. Et au milieu de nous, c’est encore lui dont la stature et l’√©l√©gance attire l’attention comme toujours, malgr√© la pi√®tre qualit√© de cette photo.

L’ensemble Amicus Meus entoure Jean Belliard en juillet 2020 √† Vert le Grand (Bruno Cornec, S√©gol√®ne Cornec, B√©atrice Cornec, Jean Belliard, Lydwine de Hoog-Belliard, Franck Lar√®re, Alejandro Hincapi√©, Laurence Samson-Hincapi√©)

C’√©tait juste avant son 85√® anniversaire pour lequel chacun de ses amis avait envoy√© une photo montrant un 8 et un 5, pour le f√™ter avec lui malgr√© la distance.

Béatrice Cornec montre le 8 de la huitième académie et Bruno Cornec montre le 5 de la cinquième académie pour fêter le 85è anniversaire de Jean Belliard

H√©las, j’ai appris hier que Jean Belliard est entr√© en soins palliatifs. Au del√† du choc que cela repr√©sente pour moi, et de la tristesse d’imaginer ne plus pouvoir le voir prochainement, j’ai pr√©f√©r√© repenser √† toute l’importance qu’a eu cet immense chef de chŇďur et chanteur fran√ßais sur moi, mais aussi sur la musique, de part le monde.

Jean Belliard √† Auxerre en 2010 lors de la XXI√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

J’ai vu Jean pour la premi√®re fois lors d’un concert en 1987. L’ensemble des “Escholiers de Sainte Genevi√®ve des Bois”, dont j’√©tais un des plus anciens membres, faisait la premi√®re partie. Jean dirigeait l’ensemble “Guillaume de Machaut” et interpr√©tait des chansons de Dufay, des lais de Machaut, accompagnait ses instrumentistes de son tambour et dirigeait cet ensemble assis sur sa chaise. Moi √† qui on avait toutes ses ann√©es appris √† chanter debout, ce fut un choc d’entendre une telle voix de quelqu’un d’assis !

Jean Belliard en concert avec son luth à Saint Gault en 2014,
photo (c) Gauthier

Car sa voix, c’√©tait la premi√®re chose remarquable chez Jean. On la remarquait pour sa limpidit√©, ce son cristallin inou√Į chez un haute contre √† la fran√ßaise. Et il √©tait remarquable que cette voix puisse venir de quelqu’un ayant souffert d’un bec de li√®vre dans son enfance, et qui aurait pu ne jamais chanter. Il nous avait racont√© qu’apr√®s son op√©ration pour y rem√©dier, il avait h√©rit√© d’un voile de palais tr√®s fin, qui donnait cette sonorit√© si particuli√®re √† son chant. Mais je crois aussi qu’il avait ce timbre en lui, et qu’√† force de travail il l’avait fa√ßonn√©, profitant de cette d√©formation pour aboutir √† ce r√©sultat incroyable.

Jean Belliard √† Boissy le sec en 2012, lors de la XXIII√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

Si j’ai longtemps chant√© aupr√®s de lui, dans ses ensembles vocaux ou ses chŇďurs, c’est parce que j’√©tais amoureux de cette voix, jaloux aussi ! Qui n’aurait pas voulu en avoir une aussi belle, aussi touchante, capable gr√Ęce √† un souffle √©norme d’embellir les m√©lismes gr√©goriens les plus longs et complexes avec une apparente simplicit√© qui dit tout de son art. Quant au volume, il a fallu que nous soyons deux dans le superius de la messe de Machaut en 1990 pour qu’on entende notre voix en concert face √† la sienne, qu’il assumait seul. Mais cette force n’√©tait jamais un exploit physique pour Jean ; c’√©tait une marque de l’engagement qu’il mettait dans la musique pour illustrer le texte. Et encore une fois d’un long travail solitaire.

L’engagement de Jean Belliard comme chef et chanteur en 2013 √† √Čtampes avec l’ensemble vocal Ab√©lard

Car du travail, Jean n’en √©tait pas avare, lui qui √©tait autodidacte. Il nous a toujours dit que ses ma√ģtres √©taient Palestrina, Victoria, Josquin Desprez, Bach ou Poulenc. Le travail avait aussi √©t√© un √©chappatoire, car il n’√©tait pas bien dans sa famille, avec un p√®re militaire qui ne l’avait jamais accept√©. Il avait parl√© tard, et s’√©tait l√† aussi d√©velopp√© seul, par la lecture notamment.

Jean Belliard en 2010 pr√©parant son texte d’introduction √† la XXI√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance √† l’√©glise St Basile d’√Čtampes

Pas √©tonnant qu’il insiste tant aupr√®s de nous sur les textes que nous chantions: Jean disait avoir √©t√© sauv√© par la litt√©rature. Et aussi par la musique. Remarqu√© t√īt par C√©sar Geoffray qui dirigeait les 2√® Choralies A CŇďur Joie, il a appris par lui-m√™me la musique, et s’est plong√© rapidement dans les r√©pertoires anciens (m√©di√©val, renaissance, baroque) pour en faire une sp√©cialit√© par l’intimit√© de sa pratique musicale mais sans exclusive, et devenir le grand professionnel qu’il a √©t√©.

Les annotations et couleurs sur le conducteur de Jean Belliard en 2014 √† St Cyr sous Dourdan lors de la XXV√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

Jamais je n’ai vu Jean arriver √† une r√©p√©tition impr√©par√©. Ses partitions regorgent d’indications, chaque entr√©e est indiqu√©e, les couleurs en faisaient un vrai feu d’artifice, anticipant ce que la musique allait donner. Timpani, qui a publi√© son Socrate de Satie, fut tr√®s √©tonn√© du peu de prises n√©cessaire √† l’enregistrement. Et pour cause, tout √©tait anticip√©, travaill√©, le texte lu et relu pour le dire plus que chanter.

Jean Beliiard en 2014 à Fontenay le Vicomte illustrant les textes chantés de gestes expressifs

Musicalement, Jean n’est pas un h√©ritier, ni un enseignant. Il est un ma√ģtre. Il a fait partie de la mouvance des ann√©es 60 en France du renouveau de la musique ancienne. Historiquement inform√©e ? oui, en partie, car Jean avait beaucoup lu, mais aussi et d’abord bas√© sur son ressenti, sa propre compr√©hension des textes et de la musique. La musicologie pour la musicologie n’est pas sa tasse de th√©. Il pr√©f√®re l’√©motion et la g√©n√©rer aupr√®s du public.

Et il a cotoy√© des musiciens exceptionnels aupr√®s desquels il a appris et √©chang√© pour se d√©velopper. Quant √† transmettre, il a fait ce qu’il a pu ! Mais nous √©tions si loin du niveau qu’il aurait fallu avoir pour le satisfaire ! Car Jean, c’est aussi l’exigence. Refaire, jusqu’√† trouver la bonne mani√®re. Faire des pleins et des d√©li√©s sur chaque note si possible pour rendre plus expressif le texte sous-jacent.  Se consumer en donnant tout ce que l’on peut dans un Jerusalem d’une le√ßon de Victoria. Rien que parce qu’il le suscite par son regard et sa propre voix.  Je me souviens encore du jour o√Ļ nous l’avons vu fumer du crane ! Sa concentration √©tait telle dans le froid que la sueur sur son crane s’√©vaporait. Cela montre son engagement total dans son art.

Jean Belliard √† Champeaux en 2012, lors de la XXIII√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

Il comparait notre interpr√©tation √† un escalier de 15 marches, en nous situant sur la 3√®, les meilleurs jours. Je ne suis pas s√Ľr que lui-m√™me se situait bien au-dessus de la 9√® dans sa t√™te (alors qu’il √©tait sur la 14√® !). Mais quel plaisir de voir √† l’occasion un mouvement de t√™te approuvant une note, un relief donn√©, suivant une de ses nuances (qui du reste pouvait changer d’une ann√©e √† l’autre), rien que pour cela, j’ai fait le voyage d’Etampes pendant des ann√©es lorsque j’√©tais en r√©gion parisienne.

Concert de l’ensemble D√©chant en 1994 √† l’√©glise St Gilles d’√Čtampes (B√©atrice Cornec, Laurence Samson, Lydwine de Hoog-Belliard, Bruno Cornec, Jean Belliard, Philippe Corest, Philippe Legourd)

Et j’y ai convi√© ma femme, puis mes filles, bien plus tard cette fois-ci en faisant 600 km, tant je pense que nous avions une chance absolument unique de d√©couvrir la musique √† ses c√īt√©s, comme nulle part ailleurs on nous l’aurait fait d√©couverte.

Concert de l’ensemble vocal Ab√©lard en 2013 √† √Čtampes
(Ségolène Cornec, Lydwine de Hoog-Belliard, Jean Belliard, Philippe Legourd)

C’est sans doute cet amour partag√© de la musique qui a conduit Jean a travailler avec des amateurs. L√† aussi, quelle chance ! Tr√®s peu de professionnels de ce niveau “s’abaissent” √† travailler avec des amateurs. Laissez-moi vous dire combien ils ont tort ! Certes, il faut travailler avec des gens de son niveau, mais pour les professionnels, les temps de r√©p√©titions (qui co√Ľtent) sont courts, et Jean √©tait parfois frustr√© du r√©sultat car les autres chanteurs n’avaient pas eu le temps de comprendre ce qu’il voulait. Avec nous, le niveau n’√©tait certes pas l√†, mais la fid√©lit√© y √©tait et le temps long √©galement.

Unie longue et inaltérable fidélité de ses choristes à Jean Belliard (ici à Champeaux en 2012, lors de la XXIIIè Académie de Musique Sacrée de la Renaissance)

Nous ne faisions pas de la musique ensemble pour gagner notre cro√Ľte, mais juste parce que nous aimions faire cette musique ensemble, avec lui. Dans amateur, il y a amour. Et pendant 30 ans nous avons partag√© cet amour de la musique renaissance en particulier, et forg√© une amiti√© qui va bien au del√† de ce qui peut s’√©tablir lors de relations de travail, un amour filial avec notre ma√ģtre.

Au conservatoire d’√Čtampes, le jour de la c√©r√©monie de mariage entre Jean Belliard et Lydwine de Hoog en 1993

A tel point que j’ai eu l’immense honneur d’√™tre le t√©moin de Jean lors de son mariage avec Lydwine en 1993. On sait bien que derri√®re tout grand homme, il y a une femme encore plus grande (m√™me s’il elle reste discr√®te) et Lydwine ne fait pas exception √† la r√®gle, de plus avec la plus belle voix d’alto femme que je connaisse (avec Lucile Richardot). J’ai pu voir leurs 3 enfants grandir, Laudine, l’ain√©e reprendre son acad√©mie de musique sacr√©e de la renaissance, qu’il avait cr√©√©e pour nous, amateurs. Ali√©nor qui chante maintenant alto, fid√®le cheville ouvri√®re de ces acad√©mies entre autres, toutes 2 d’une s√Ľret√© d’intonation et d’une justesse h√©rit√©es doublement de leurs deux parents, et Virgile, dont les relations avec Jean ont parfois √©t√© tumultueuses avant de s‚Äôapaiser et qui n’a pas suivi la voix de la musique (ceci expliquant sans doute cela).

Cette amiti√© que Jean m’a t√©moign√©, au-del√† du simple retour d’une relation d’un chanteur admiratif envers un ma√ģtre, j’en ai eu une preuve √©mouvante le 16 f√©vrier 2014 lors d’un concert o√Ļ je dirigeais le Requiem de Campra. Jean m’avait d√©j√† fait le grand honneur de me laisser chanter aupr√®s de lui en t√©nor la voix de haute contre des ann√©es auparavant, √† l’occasion de ma d√©couverte de cette musique si prenante. Au vu de l’√©criture pour les voix d’hommes que rec√®le cette composition, j’avais tout de suite compris pourquoi il s’y √©tait attach√©. C’√©tait comme √©crit pour lui : la d√©licatesse de l’ornementation du texte, la tessiture aig√ľe du t√©nor, les trios somptueux de voix d’hommes. Un grand chef d’Ňďuvre du baroque fran√ßais que Jean d√©fend si bien.

Jean Belliard en 2014 √† l’√©glise St Martin d’√Čtampes lors de la XXV√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance)

Alors √† mon tour, j’avais eu envie de le faire d√©couvrir √† l’ensemble vocal que j’anime et nous nous produisions avec un petit ensemble instrumental de professionnel au cours de 3 concerts. Et voil√† que lors du concert de Voiron, en pleine mise en place, ma femme me dit “Tu as vu qui es l√† ?”. Jean avait d√©cid√© √† 79 ans, de prendre sa voiture le matin et de faire d’une traite les 600 km qui s√©parent √Čtampes de Voiron en Is√®re pour venir √©couter ce concert et cette musique qu’il adorait. Pour dire la v√©rit√©, il y a longtemps que je n’ai plus le trac avant des concerts, en ayant fait beaucoup dans des circonstances tr√®s vari√©es. Ce jour-l√†, pourtant, fut l’un de ceux o√Ļ je fus le plus nerveux de ma vie d’interpr√®te, me sachant √† peine sur la 4√® marche (j’esp√®re toujours que l’on progresse avec le temps !). J’y ai donn√© tout ce que je pouvais faire pour animer l’ensemble vocal, et chanter de mon mieux.

Concert de l’ensemble vocal Variations en 2012 √† St Ismier (√† l’image Claude Esmenjaud, Philippe Thomas, G√©rard Poussin, Bruno Cornec, S√©gol√®ne Cornec, B√©atrice Cornec)

Ce jour l√†, je n’ai chant√© que pour une personne dans cette √©glise. Et je sais qu’il attendait bien plus du r√©sultat. Je l’ai senti d√©j√† dans ses commentaires d’apr√®s r√©p√©tition, o√Ļ avec son oreille alors infaillible, il avait tout de suite rep√©r√© les failles et m’avait donn√© quelques conseils. Car on ne faisait pas de la musique avec Jean pour recevoir des compliments. On en faisait pour ressentir des √©motions et en partager. J’esp√®re de tout mon cŇďur qu’il sait combien il en a donn√© si g√©n√©reusement √† tant de monde, moi sans doute en ayant √©go√Įstement profit√© plus que beaucoup d’autres.

Jean Belliard prodiguant ses conseils en p√®re musical qu’il est pour moi lors de l’animation de danse renaissance en 2016 √† Guigneville

Car sa g√©n√©rosit√©, cach√©e comme chez tous les gens pudiques, se manifestait par le coup de pouce qu’il donnait si souvent aux jeunes professionnels. Je me souviens de Karine Deshaye, alors inconnue, chantant avec nous comme soprano solo une messe de Mozart √† √Čtampes, lors d’un concert de No√ęl, de son soutien envers Rapha√ęle Kennedy, David Fiala, Pierre-Adrien Charpy, Leonid Karev et tant d’autres dont il a su d√©celer le talent en premier et leur donner une chance de partager la sc√®ne avec lui.

Jean Belliard avec Alain Recordier, Jean-Charles Legrand, Adrien Mabire et Serge Delmas en 2010 à Marolles en Hurepoix
Adrien Mabire et Jean-Charles Legrand en 2013 √† √Čtampes
Agathe Boudet et Laurence Samson sont devenues professionnelles depuis 1994
Leonid Karev en 2003 à Milly la Forêt
De futurs professionnels chantant dans l’ensemble vocal D√©chant sous la direction de Jean Belliard en 1991 (Rapha√ęle Kennedy, David Fiala, Jean-Luc Redureau, Laurence Samson)

Et √©videmment, quoiqu’amateur, Jean m’a aussi donn√© cette chance pour un concert professionnel (le seul de ma vie, qu’il m’a pay√©, comme pour les autres interpr√®tes, alors que c’est moi qui aurait pay√© pour le faire !). Un inoubliable programme pour moi avec des pi√®ces de P√©rotin et la messe de Machaut, programme que ma femme connait aussi bien que moi, tant j’ai travaill√© d’arrache pied pour essayer d’√™tre au niveau !

Jean Belliard, généreux dans la vie comme en musique à Champeaux en 2012, lors de la XXIIIè Académie de Musique Sacrée de la Renaissance

Cette g√©n√©rosit√©, c’√©tait aussi consacrer du temps √† g√©rer la musique et les musiciens, au travers de son poste de direction de Conservatoire, √† √Čtampes, sa ville de r√©sidence, et √† Romainville par la suite. Outre la gestion, Jean y assurait la promotion de la musique en donnant des conf√©rences autour des grands chefs-d’Ňďuvre de l’histoire de la musique pour que tous puissent en profiter (eh oui, Jean-Fran√ßois Zygel ne l’a pas invent√© !). Il permettait l√† aussi √† de nombreux musiciens de s’y produire, tout comme il l’a fait dans les petits concerts de nos acad√©mies, aussi bien des jeunes, comme √©voqu√© plus haut, que ses anciens compagnons de route comme Serge Delmas, fid√®le entre les fid√®les, ou Julien Skowron avec qui il avait fond√© l’ensemble Guillaume de Machaut.

Julien Skowron en 2009, √† Chalou-Moulineux, lors de la XX√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes
Serge Delmas à Authon la Plaine en 2017, lors de la XXVIIIè Académie de Musique Sacrée

Et les amateurs ! un Grand chŇďur √† Etampes, constitu√© de 80 choristes, l’ensemble vocal D√©chant que j’int√©grais d√®s 1988, l’acad√©mie de musique sacr√©e de la renaissance en 1990, l’ensemble vocal Ab√©lard, auquel ma fille ain√©e a particip√© adulte, elle qui avait d√©couvert l’acad√©mie √† 7 ans.

Jean Belliard dirigie les académiciens, dont Ségolène Cornec pour sa première, en 2001, lors de la XIIè Académie de Musique Sacrée de la Renaissance

Jean a aussi de l’humour, qu’il utilise parfois pour mieux se faire comprendre, comme l’histoire du joueur de tuba qui re√ßoit un CD de Carmen de Bizet pour son d√©part en retraite et s’exclame en l’√©coutant: “Mais je n’avais aucune id√©e que pendant que je faisais pom-pom, pom-pom (Jean mime le tubiste) vous jouiez l’air du tor√©ador (qu’il chante) !” Cela nous rappelait imm√©diatement, qu’en polyphonie renaissance, il faut √©couter les autres voix pour bien chanter. Et il acceptait aussi de soutenir les concours humoristiques organis√©s chaque ann√©e par les “jeunes” de l’acad√©mie. En 2009, (l’ann√©e de la mort de Mickael Jackson), nous avons m√™me r√©ussi √† lui faire d√©chiffrer un in√©dit renaissance: le Kyrie de la messe de Mickael. En fait, une version lente de Billie Jean avec les paroles du Kyrie, ce qui va finalement tr√®s bien, et n’est jamais que le principe de la messe parodique adapt√©e √† un tube du XX√® si√®cle !

Jean Belliard d√©chiffrant le manuscript in√©dit de la messe de Mickael en 2009 √† l’√©glise St Basile d’√Čtampes

Tout cela, humour compris, avec une grande d√©f√©rence. Ainsi, m√™me si je l’appelle par son pr√©nom, je n’ai jamais pu le tutoyer, malgr√© notre proximit√© ; ma mani√®re de d√©noter l’immense respect qu’il m’inspire.

Que de musique partag√©e, et que de d√©couvertes, pi√®ces majeures, comme bijoux moins connus. Des dizaines de concerts qui ont impressionn√© des milliers d’auditeurs au long de cette trentaine d’ann√©es. Que de lieux prestigieux, ou plus simples ont b√©n√©fici√© de cette manne. De St Merri √† Paris √† la cath√©drale de Chartres, en passant par St Beno√ģt sur Loire, la Ste Chapelle, l’√©glise de Bernin proche de chez nous ou celle de Notre-Dame de l’Ou√Ņe (que nous y avions eu froid !!), Jean aime ces architectures √† chaque fois diff√©rentes, disposant d’une acoustique propre, mais qui toutes ont eu le privil√®ge de faire sonner sa voix et de la porter √† un public chaque fois conquis.

Concert de cl√īture de la XXIII√® acad√©mie √† la cath√©drale de Chartres en 2012

Alors doit-il s’agir uniquement d’un pan√©gyrique uniforme ? Jean n’a-t-il pas quelque d√©faut qu’on pourrait lui reprocher ? Je suis s√Ľr que ses proches ont eu des moments plus difficiles, car son caract√®re √©tait fort, avec des opinions marqu√©es. Je pouvais trouver des sujets de d√©saccord avec lui, mais la discussion qui en r√©sultait √©tait pour moi toujours f√©conde, source de r√©flexions et d’approfondissement des sujets.

Jean Belliard inquiet d’une absence de piano lors d’un passage

√Čtait-il un chef hors pair ? S√Ľrement pas ! En tout cas, pas un technicien de la baguette qui pourrait diriger une symphonie de Mahler. Mais un passeur d’envie de chanter, cela oui ! Il battait parfois √† contretemps, emport√© par son rythme propre (car il chantait en m√™me temps), et j’avoue √©prouver beaucoup de sympathie pour cela, car … je fais de m√™me ! Mon ensemble me le reproche, et ils ont sans doute raison. j’ai h√©las h√©rit√© de plus de ses d√©fauts que de ses qualit√©s musicales ! Mais cela n’est pas ce qui nous int√©resse, ni ce que nous recherchons. Comme Jean le dit, il nous faut en animant passer le sens du texte, le go√Ľt de la musique, et g√©rer une coordination, bien plus que de battre (vilain mot du reste) la musique. Elle pourrait nous faire un proc√®s pour mal-traitance.

Jean Belliard dirige une r√©p√©tition de la XIII√® acad√©mie de musique sacr√©e de la renaissence en pays d’√Čtampes en 2002

Car nous ne chantons pas la petit Quinquin comme il aime √† le r√©p√©ter, mais une messe, un motet, une cantate, avec un texte dont le sens profond doit √™tre transmis. Aujourd’hui quand je vois en DVD des concerts de Kleiber, Harnoncourt ou Giulini, ce qui est important, c’est leur regard dans la mani√®re dont ils communiquent leur envie de musique aux membres de leur orchestre. Jean est de cette trempe l√†. Un passeur d’envie. L’envie de faire revivre un r√©pertoire trop oubli√©, montrer comment une musique d’il y a 500 ans nous touche, comme elle touchait l’homme de la renaissance.

Jean Belliard, chemise tremp√©e disant long sur son engagement, √† la fin d’un concert de la XVI√® acad√©mie en 2005

Jean n’a pas seulement influenc√© ma compr√©hension de la musique. Il a influenc√© toute ma vie. Il nous a donn√© d’immenses moments de joie partag√©e, de cette forme de joie int√©rieure qui comble, et n’√©clate pas, mais remplit pour toute une vie. Il m’a aussi transmis son engagement : √† mon niveau (entre la 3√® et la 4√® marche) et √† ma mani√®re, je me dois de poursuivre l’Ňďuvre qu’il a √©difi√©e et continuer √† transmettre, moi aussi, cet amour de ce r√©pertoire ancien au plus grand nombre de personnes, soit en l’interpr√©tant, soit en l’√©coutant. Ce sera ma petite pierre , apport√©e en haut de la tr√®s haute tour de 14 marches qu’il a √©difi√©e. Avec humilit√© et un grand respect pour ce grand Ňďuvre accompli. Et un grand merci pour nous avoir permis de partager tout cela.

Jean Belliard se concentrant avant un concert de la XIV√® acad√©mie de musique sacr√©e en Pays d’√Čtampes en 2003 √† St Beno√ģt sur Loire

Alors que mon p√®re est d√©c√©d√© en septembre dernier, et √©tait mon inspiration entre autre dans le domaine de l’ing√©nierie, Jean est mon p√®re musical, par qui j’ai grandi et me suis enrichi. Mes pri√®res l’accompagnent dans ses moments difficiles et je transmets √† Lydwine et ses enfants toute mon affection et mon soutien.

Et pour aider Jean dans ses derniers moments, ré-écoutons le Requiem de Victoria que nous avons chanté 4 fois ensemble au long des années.

Jean Belliard en 2013 √† l’√©glise St Marin d’√Čtampes lors de la XXIV√® Acad√©mie de Musique Sacr√©e de la Renaissance en Pays d’√Čtampes

On the right path

2018/06/25

Following the detection of my lymphoma, I’m right now in the middle of the treatment at the hospital and have passed recently a scintigraphy as a control, which doesn’t reveal any pack of cancer cells anymore, showing that the R-CHOP treatment I’m following is efficient.

So we go on, with a chemio every 14 days, up to begining of August where we’ll again make status. Goal being to eliminate remaining cancer cells that would not be seen by that type of exam.

Music is a good medicine for me and after our concert of Saturday, I now hope to participate to my 29th Academy of Early Music in Etampes, now directed by Laudine, the daughter of my master in sacred music Jean Belliard. And as music is also a family affair, I’ll be there with my wife and my first daughter (who will also take care of me !) and so it’ll be both a musical work and a familial pleasure, very beneficial for the cure of the lymphoma.

Some news

2018/05/03

For the second time, I’ll take some minutes to give you personal news.

Since early February 2018 I’ve had abdominal pain, reason for which I was unable to attend the big HPE event TES/TSS this year in Den Haag. After exams during these last months, I have a lymphoma (type B) which is in simpler words a cancer of some lymphatic glands.

The good news is that it can be cured and conditions seems to be met for that (at the step we’re of course). But for that I need to “disappear” from the HPE scene and also weaken my participation to my other activities during the next 4 to 6 months to follow a cure based on chemotherapy, which started last week.

My main job during the next months to come is to cure. Of course, to succeed, I’ll need to rest, treatment, but also music (listening and practicing), computers (coding is so fun !) and more than ever the support of my family and friends, which is already there and will for sure help overcome this “annoyance”.

Chemotherapy started last week at the Grenoble University hospital, and I must confess I’m impressed by the quality of their work, as well as their capacity to take care of people (the extended team around Dr. Courby is just awesome). I won’t say I’m impatient to come back there (!), but I’m in the best hands possible so that everything works smoothly and for now, I don’t suffer from the potential negative symptoms (nausea, pain), just I’m tired , which is not abnormal.

So do not expect to see me that often around during that period, as especially my concentration capacity isn’t as good as before, which doesn’t allow me to work a lot for now. I’m sorry to leave in particular the Open Source communities where I try to help, but believe me, I’ll try to stay informed of news in that area as much as I can and I’ll be back ™ with renewed energy to continue wearing the FLOSS flag later this year with your help.

This article is the english version of the one posted in french earlier this week to allow nonfrench speaking peopleto better understand my status.